Le site officiel
Blogging

› Voir tous les billets du blog

Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Photovoltaïque : besoin de visibilité urgent !

Publication : 02/11/2010  |  09:44  |  Auteur : Jean Dionis

Cette semaine, je vous propose de découvrir un nouvel aspect du travail du député. Comme je le dis souvent, le mandat de député peut se décomposer en trois missions : législateur à Paris, assistant social pour nos concitoyens à Agen et à Nérac, et VRP de sa circonscription, son « pays », partout où il faut en assurer la promotion : à Bordeaux, à Paris ou même à Bruxelles.
C’est de cette dernière dimension du travail parlementaire que je tiens à vous parler aujourd’hui avec, pour exemple, le photovoltaïque. Pourquoi parler d’un sujet aussi technique que celui de l’énergie solaire, alors que tant de débats politiques lourds d’enjeux se profilent à l’horizon national (dépendance, fiscalité, euthanasie ; bioéthique,….) ?
Pardon pour cette première Lapalissade : D’abord et surtout parce qu’il s’agit d’un sujet…..éminemment politique. Et ceci pour deux raisons :
• d’abord parce que le photovoltaïque fait partie de la nouvelle industrie « verte » de notre département et de notre pays la France: Nous l’avons assez dit pendant les débats sur le Grenelle de l’Environnement : Les emplois verts pourraient représenter un potentiel de création de plus de 600 000 emplois et de fait, les deux usines nouvelles récemment créées dans la vallée de la Garonne sont deux enfants du Grenelle : Fonroche Energie à Roquefort pour l’assemblage de panneaux solaires et Xilofrance à Aiguillon pour la transformation de bois de peupliers
• parce que le photovoltaïque intéresse de nombreux agriculteurs du Lot-et-Garonne, pour qui il peut représenter à la fois une réelle possibilité de modernisation à un coût attractif et éventuellement un revenu de diversification intéressant dans cette époque de revenus agricoles instables et en recul .
C’est pour défendre l’ensemble de ces acteurs locaux et nationaux que j’ai demandé à rencontrer le directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo, M.Jean-François Carenco, au Ministère de l’Ecologie avec Yann Maus, gérant de Fonroche Energie et récemment élu comme président d’I.P.F (industrie photovoltaïque française), association qui fédère tous les acteurs industriels de la toute jeune filière photovoltaïque. Et là, il faut être clair, cette rencontre fut avant tout possible parce que l’élu local que je suis est aussi un député actif et engagé sur ces enjeux environnementaux à l’Assemblée Nationale (J’ai été le porte-parole de mon parti, le Nouveau centre, lors des débats du Grenelle 1) et parce que j’ai la chance de connaître personnellement Jean-Louis Borloo.
Pour en revenir au photovoltaïque, un petit historique de ce secteur d’activité est nécessaire pour comprendre les enjeux de la filière. En 2007, la France est en retard par rapport à tous ses voisins européens (notamment l’Allemagne et l’Espagne). Le Grenelle de l’Environnement se donne alors des objectifs ambitieux pour réussir à faire décoller cette filière. Pour cela, des mesures incitatives sont prévues avec un crédit d’impôt sur le prix du matériel photovoltaïque (50 %) et un rachat de l’électricité produite à un tarif élevé. Le succès de ces dispositifs ne s’est pas fait attendre : la puissance cumulée du parc photovoltaïque installé fin 2008 était de 81 mégawatts, elle sera de 850 mégawatts à la fin de cette année. De plus, les projets en attente représentent plus de 3000 mégawatts alors que les objectifs initiaux du Grenelle étaient de 1100 mégawatts en 2012. Contrat rempli de ce côté-là.
Néanmoins, il ne faut pas oublier les redoutables effets pervers de ce développement spectaculaire.
Un tel marché a créé un véritable appel d’air pour les spéculateurs qui se sont engouffrés dans la brèche. Ceci a d’abord profité aux projets d’envergure et à l’importation en nombre de panneaux de fabrication chinoise. Premier effet pervers à corriger : Celui du décollage d’une filière d’énergie renouvelable soutenu par des tarifs d’achat élevés….et qui profite industriellement …..aux chinois.
Mais, ce n’est pas tout. Ces tarifs d’achat élevés, il faut bien que quelqu’un les paye….et ce quelqu’un, c’est vous, c’est moi, bref c’est le consommateur d’électricité au travers de d’une taxe sur nos factures d’électricité qui alimente une de ces caisses peu connues (la Contribution au service public de l’électricité, CSPE). Et le gouvernement a du agir pour éviter que la spéculation ne fasse exploser….la Caisse.
Le gouvernement a donc réagi une première fois en baissant les tarifs de rachat de l’électricité au 1er janvier 2010. A l’époque je m’étais déjà battu, en tant que vice-président de la commission Economie de ‘Assemblé Nationale avec d’autres parlementaires pour que cette baisse ne soit pas rétroactive et ne pénalise donc pas les projets en cours de nombreux agriculteurs qui avaient vu dans cette source d’énergie durable la possibilité de générer un complément de revenu intéressant. Combat gagné, nous avions eu gain de cause. L’effet rétroactif des tarifs avait épargné nos agriculteurs. Et pour les projets de cette année ; même avec les diminutions de tarif de ce début d’année, la production d’électricité photovoltaïque reste intéressante et les projets ont continué à se développer.
Un nouvel ajustement a donc été effectué récemment avec une nouvelle baisse des tarifs de rachat de l’électricité et le passage du crédit d’impôt sur le coût du matériel de 50 à 25%. Là encore, il a fallu se mobiliser pour les nombreux agriculteurs qui avaient beaucoup misé sur cette activité et dont les projets étaient en cours. Mais ces ajustements successifs étaient nécessaires : sans eux, la facture pour les consommateurs s’en serait automatiquement trouvée augmentée de manière exorbitante. Elle évoluera à la hausse déjà sûrement en 2011 avec l’augmentation de la Contribution au Service Public de l’Electricité qui pourrait passer de 4,5 € par mégawatts par heure à 7€. Mais cela reste acceptable.
Bref, le sujet est complexe, sensible et politique et l’équilibre est difficile à trouver pour le gouvernement. Et c’est justement à cause de cette complexité que la mise en contact d’un entrepreneur du photovoltaïque, Yann Maus, mandaté par ses pairs et d’un acteur-clé de la politique publique nationale dans ce secteur a pris tout son sens. Ce ne fut pas évident. JF Carenco avait en début d’entretien l’esprit dans les raffineries bloquées plutôt que dans les panneaux solaires. Y.Maus, quant à lui, fut surpris par ce grand commis de l’Etat qui répétait : « Mais vous produisez quoi ? », en faisant allusion au fait que pour l’instant l’activité photovoltaïque est pour l’essentiel une activité d’assemblage…..
Et puis, JF Carenco et Y.Maus se sont écoutés…… et se sont retrouvés sur la nécessité de faire disparaitre les avantages fiscaux le plus rapidement possible de cette filière, sur le fait qu’un tarif dégressif en fonction de la puissance installée était sans doute la meilleure protection possible pour notre industrie photovoltaïque naissante, sur le fait qu’une autorisation de raccordement non utilisée deux ans après son autorisation devait être perdue pour éviter les spéculations à la baisse du coût des installations.

Je n’ai plus l’âge de penser que de cet entretien a jailli la lumière sur la bonne politique à mener dans ce secteur. Mais, je crois que les bonnes idées, une fois exprimées, cheminent jusqu’à prendre une force irrésiistible et donc que queques unes des idées sur lesquelles ce sont entendues Y.Maus et JF.Carenco se retrouveront bientôt dans les arrêtés ministériels organisant ce secteur.

Quant à moi, j’étais heureux tout simplement d’avoir fait mon travail. La filière de l’industrie photovoltaïque naissante vait besoin d’être entendue à un bon niveau de responsabilité. Elle l’a été. Ses arguments sont bons…..Ils finiront par être entendus !

@+

P.S :Toutes les infos sur le photovoltaïque : www.developpement-durable.gouv.fr

Les réactions

Pédagogue, et important

Bravo, Monsieur le Député-Maire,

Pour la pédagogie de cet article qui retrace formidablement le rôle et l'action du député.
Pour la clarté et la justesse de votre position sur la question photovoltaïque... Entre le nécessaire développement des énergies renouvelables, l'incontournable augmentation des tarifs de l'énergie, et la viabilité économique de ces filières, le choix politique prend tout son sens...

Projet photovoltaïque : dur dur d'y arriver...

Je constate avec plaisir que vous soutenez les projets photovoltaïques.
Nous avons également un projet de ce type sur la commune de Monflanquin. Les premières étapes (permis de construire, etc...) se sont déroulées avec succès, cependant nous recherchons une solution pour le financement. En effet, nous essuyons de lourde perte avec la chute du prix du tabac (augmentation pour le consommateur mais il faut le dire haut et fort : dégringolade vertigineuse pour le prix de vente de l'agriculteur, ce qui est paradoxal). Là où le bas blesse, c'est qu'avec ce manque à gagner du tabac, notre apport personnel pour notre projet photovoltaïque est parti en fumée (sans vouloir faire de mauvais jeux de mots). Cependant cette réalisation nous est indispensable pour la pérennité de notre exploitation agricole. C'est l'impasse... Quel devenir pour les agriculteurs ? L'avenir est plutôt sombre malheureusement pour nous...

mouais

l'article présente peut etre l'action de député mais est a 1000 lieux de ce que vit le secteur du PV. les chiffres donnés sont malheureusement faux. la liste d'attente n'existe plus car devenue illégale ce qui fait que seul 510 MW sont installés en septembre 2010 et je ne parle pas du reste. les investisseurs vont tellement attendre que votre entreprise devra brader malheureusement ses panneaux. le gouvernement est en train de renier le grennelle au profit d'un lobbyisme accrue d'edf et erdf. pendant ce temps là, les allemands promettent 100% d'EnR en 2050. No comment

photovoltaïque

Vous avez raison.
De plus un problème crucial se pose : l'écologie.
Ce que je peux en lire dans les revues scientifiques : minerai rare qui sera vite épuisé, d'une part ; et, d'autre part, un produit qui dans 10, 20 ans, sera périmé, et ni recyclable, sans possibilité de le détruire. Donc que laisse t-on à nos générations futures ?
Il me semble qu'il serait souhaitable de trouver d'autres matériaux, extrêmement moins rares et surtout recyclables. Et cela c'est l'affaire des scientifiques. Encore faut-il que les politiques portent l'affaire en haut lieu. Car pour des économies d'énergie qui n'en seraient pas vraiment, on risque fort de poursuivre la pollution de la terre.
Autre sujet à revoir, examiner du moins les LED. D'après les revues scientifiques, certaines sinon beaucoup seraient dangereuses.

réactions à la chronique de M.DIONIS DU SEJOUR sur le photovoltaïque

je m'associe bien volontiers aux félicitations de Julien DEVEZE: rappeler ce que, en tant que député, vous avez à coeur de faire au service de vos électeurs est sans aucun doute très important.
En l'occurence, la situation n'est pas facile!Le problème du photovoltaïque est fort délicat à traiter et cela d'autant plus que vous avez des unités de production sur votre territoire.

Ayant eu l'occasion de communiquer avec vous en ce qui concerne les tarifs de rachat des énergies renouvelables, je me permettrai de vous envoyer quelques idées sur ce délicat problème. amicalement et encore félicitations

Essai transformé dans le Gabardan

Hé hé, je me marre car sur ce coup là, les Landes font mieux et plus vite sans en faire tout un plat.
40 : 1 47 : 0

http://www.aqui.fr/environnements/la-plus-grande-centrale-solaire-de-fra...(landes),3508.html

Au boulot les garonnais, moins de parlote!

Photovoltaïque: Mr le Député, attention aux amalgames.

Mr le Député,
votre article est intéressant. Qu’un Député se transforme en VRP de sa circonscription, pourquoi pas si la cause est juste et va dans le sens de l’intérêt général. Cependant il faut faire preuve de beaucoup de rigueur dans cette démarche car le danger qui vous guette est de vous faire embarquer sur de fausses pistes. Il serait alors choquant qu’un Député se fasse le porte-drapeau d’une corporation particulière, cela au détriment des autres opérateurs de la filière photovoltaïque.
En effet cette filière est composée d’une grande variété d’acteurs. Si vos actions favorisent vos champions locaux mais dans le même temps portent atteinte au développement des TPE au plan national, vous aurez alors raté votre cible et serez allé à l’encontre de l’intérêt général.
Mon message est très clair : attention à la teneur des arguments avancés par les uns et les autres car nous avons entendu beaucoup de choses fausses pour justifier les changements de cap à répétition du Gouvernement sur le photovoltaïque. Or nous devons la vérité aux français sur ces atermoiements. Reconnaissons d’abord, je dirai humblement, que la feuille de route n’a pas été suivie , que la parole de l’Etat n’a pas été tenue (pas de changement avant 2012) et que la capacité de développement du secteur avait été très mal appréhendé, cela malgré la présence d’éminents spécialistes dans le Ministère concerné. Sur ce point il faudrait que Mr Carenco fasse preuve de beaucoup moins de superbe quand il rend compte aux députés de l’avancement du Grenelle 2 car si les autres sujets font l’objet de tant de grands écarts, il est à craindre que l’économie verte ne voit jamais le jour en France !
Une filière industrielle ne peut se développer dans le doute permanent, elle a besoin de repères et de stabilité. Il est fondamental que L’Etat organise la vision d’ensemble et respecte par la suite ses engagements. C’est tout le contraire qui a été fait sur le photovoltaïque.
Que l’Etat fasse ce premier aveu. Nous pourrons ensuite rentrer dans le détail des choses et essayer de comprendre pourquoi le pays fait un pas en avant et deux pas en arrière. L’impression d’ensemble, partagée par l’ensemble des professionnels, restera que ce dossier a été géré en dépit du bon-sens, à la petite-semaine et sans le minimum de concertation avec les acteurs de la filière. Mais une fois les erreurs reconnues, nous pourrons alors penser au futur.

Cela étant dit, et dans un souci de clarté, je me permets de revenir sur certains points que vous abordez.
Le dossier photovoltaïque est, comme vous le dites, un sujet politique car l’implication du pays sur les énergies vertes fait appel à l’argent public, le temps du moins que la filière se mette en place. Mais un sujet politique n’est pas forcément un sujet qui doit se contenter d’amalgames rapides. Les citoyens n’ont pas tant besoin d’argumentation que d’informations exactes qui leur permettront de choisir en toute liberté.

Le premier amalgame à dénoncer ici est le titre IPF qu’ont choisi quelques industriels réunis autour de Fonroche Energie. Ces industriels ne représentent qu’une petite partie des industriels français et choisir comme dénomination « Industrie Photovoltaïque Française » peut prêter à confusion. Donc quand vous écrivez que Mr Maus a été mandaté par ses pairs, gardons en tête qu’il parle seulement au nom d’un petit groupe ayant des intérêts particuliers à défendre.
Cela sera plus clair pour tout le monde.
Le second amalgame concerne les puissances annoncées. Vous parlez de 3000 MW en attente de raccordement mais combien de ces MW seront finalement installés ? Nul ne le sait. Nous touchons du doigt un aspect qui fait beaucoup de tort au photovoltaïque : la totale impréparation d’ERDF sur les énergies vertes et son extrême lenteur à gérer les dossiers depuis 2007. Il est préoccupant de voir qu’une grande entreprise nationale n’est pas capable de s’organiser pour gérer correctement les dossiers. De ce fait le rapport Charpin s’en tient à des hypothèses ou bien à des spéculations sur le nombre de MW qui sortira de la fameuse « file d’attente ». Et disons-le tout net : cela pose un problème de voir des inspecteurs de l’IGF ne pas avoir accès à des informations précises.
Dans ce contexte il ne me semble pas très rigoureux que le Gouvernement utilise les MW dans la file d’attente pour justifier que les objectifs de départ ont été dépassés : ces MW ne seront raccordés qu’en partie et que très progressivement étant donnée la lenteur actuelle d’ERDF. Ne vous faites pas intoxiquer par ces chiffres, même si les représentants d’EDF ont pignon sur rue à l’Assemblée Nationale !
Un troisième amalgame concerne la notion de spéculation, concept mis en avant par Mr Borloo et que vous reprenez allègrement. Or vous ne définissez pas ce qui relève du développement et ce qui relève de la spéculation.
Fonroche Energie vend des installations clés en main aux agriculteurs et s’est développé en partie grâce aux tarifs incitatifs de l’Etat. Comptez-vous Fonroche parmi les spéculateurs qui ont profité du système ?
Nous touchons la limite de cette notion de spéculation, concept fourre-tout qui aurait pu être approfondi au plan législatif pour exclure les sociétés d’investissement du dispositif. Cela était chose facile mais cela n’a pas été fait.
C’est pourquoi de mon point de vue la représentation nationale a une lourde responsabilité dans le fait que les investisseurs et autre défiscalisateurs ont pu assécher les comptes de la Nation.
Si on ne veut pas que les spéculateurs s’emparent d’un sujet donné, il faut en amont construire les textes qui vont bien.
Dénoncer à posteriori ceux qui ont profité du système quand ce système était dès le départ très incitatif au plan financier, cela a quelque chose de surprenant.

Enfin vous écrivez que les ajustements étaient nécessaires.
Certes il fallait mettre un peu d’ordre mais rappelons que ces ajustements incessants interviennent alors qu’une vaste réflexion avait été engagée en 2009 par le Gouvernement, donnant naissance au décret du 12 Janvier 2010, revus depuis à maintes reprises. Est-il raisonnable de faire des ajustements tous les 3 mois avec parfois des effets rétro-actifs ?
Il est en tout cas paradoxal de vouloir faire décoller une filière et de lui mettre en permanence des bâtons dans les roues.

Pour ce qui concerne la filière industrielle, vous omettez de rappeler un point essentiel : la France n’a pas cru au photovoltaïque et nous avons pris trente ans de retard par rapport à certains voisins européens. Il est d’avis de tous les spécialistes que ce retard ne se rattrapera pas sur la technologie du silicium cristallin et il serait donc bien illusoire de se replier sur des mesures protectionnistes pour faire émerger cette technologie à des prix compétitifs. Le combat de Mr Maus est perdu et toutes les subventions destinées aux panneaux cristallins n’auront pas beaucoup de sens. Concentrons nous sur les technologies de demain et pas sur les technologies à papa.
Tous ces éléments sont connus depuis longtemps et si Fonroche a accepté d’investir dans les panneaux c’est en connaissance de causes sans qu’il soit besoin de demander au Gouvernement de mettre en place des mesures de régulation qui seront contre-productives.

Vous écrivez que les bonnes idées cheminent, une fois exprimées.
Le problème reste que les mauvaises idées exprimées également cheminent, et cela de manière surprenante.
J’ai tenté de vous expliquer que le dossier du photovoltaïque avait connu d’incroyables soubresauts et qu’il est dangereux que les acteurs de la filière soient écoutés séparément car il existe une grande diversité d’acteurs aux intérêts parfois divergents.
Ainsi une très mauvaise idée proposée par le SER demeure dans le rapport Charpin : celle de vouloir faire varier les prix sur un pas trimestriel en fonction des puissances installées. Mais quel opérateur est prêt à investir en ne connaissant pas à l’avance les revenus qu’il pourra tirer de son investissement ?
Si des industriels rompus au business mettent en avant une régulation des prix de revente sur une échelle si courte, c’est qu’ils ont déjà constitué des réserves suffisantes (en profitant du système) pour se permettre d’investir sans connaître à l’avance leurs recettes d’exploitation. Pour les TPE c’est une toute autre affaire !

Je termine en vous disant qu’il faut vraiment défendre un tarif spécifique pour les agriculteurs car le complément de revenu pour cette catégorie est un véritable enjeu national. Cet argent sert à faire vivre des familles et ne va pas dans les poches des spéculateurs dont nous avons parlé plus haut.
Plutôt que de se polariser sur la défense d’ industriels, qui par ailleurs gagnent bien leur vie, attachons nous à défendre nos agriculteurs et à proposer des textes de loi qui leur soient favorables.
Quant à nous, nous continuerons à nous battre pour leur proposer des installations photovoltaïques à des prix très compétitifs.

Jean-Pascal Chabaud
Directeur de JPS Toits Solaires
Installateur de solutions photovoltaïques.

Photovoltaïque oui! mais pas seulement

Heureux de voir se développer une nouvelle filière d’énergie propre je m’inquiète de voir le gouvernement laisser se mettre en place une politique absurde dans ce domaine.
Je m’explique :
dans le même temps ou le gouvernement favorise la production photovoltaïque par des avantages fiscaux et par des prix d’achats considérablement élevés (60 centimes du KW), responsables pour la plus grande part de l’augmentation du prix de l’électricité que nous payons, ce même gouvernement met en danger la filière de production autonome hydraulique en la privant de l’obligation d’achat par EDF de sa production jusqu'à présent assurée à un tarif de 6,3 centimes du KW.
Il se trouve que les puissances installées de ces deux filières sont à aujourd’hui équivalentes autour de 850 MWH pour chacune. Pour une même puissance installée l’hydraulique produit cinq fois plus d’électricité.
Pour nous résumer on risque de faire disparaitre 850 MW hydraulique installés qui produisent trois milliards de KWh à 6,3 centimes pour les remplacer par 850 MW Photovoltaïque installés qui produisent six cent millions KWh à 60 centimes. En plus clair 5 fois moins de production électrique pour 2 fois plus cher.
Peut être serait il plus intelligent de conserver sans les fragiliser les 850 MW hydrauliques et de continuer à favoriser le développement de l’énergie photovoltaïque ce qui donnerait dans l’état actuel de puissance installée 20 % de production d’énergie propre supplémentaire (cela ressemble à l’objectif du grenelle) pour un prix moyen beaucoup plus raisonnable.
J’espère que les producteurs hydrauliques seront eux aussi reçus et surtout écoutés.
Jean Louis Mauroux.

pour le retour au tout nucléaire !

Je suis sceptique ! ce que je retiens surtout c'est que la grande majorité des consommateurs va financer via la contribution électrique les investissements photovoltaïques des nantis qui en récupèreront une partie grace aux 25% de ristourne fiscale et qui en plus vendent leur production d'électricité à ERDF à un tarif plus élevé que la moyenne. Extraordinaire !
Tout le monde n'a pas les moyens d'investir 30 000 euros sur le solaire fut-ce pour la bonne cause, en revanche les tarifs de l'électricité augmentent pour financer ces énergies renouvelables dont chacun sait qu'elles ne suffiront pas à couvrir nos besoins.
Il est au contraire urgentissime de rénover notre parc nucléaire et de construire de nouvelles centrales ne serait-ce que pour assurer l'indépendance énergétique du pays et à cette fin il faut réunifier les protagonistes de l'énergie en France : EDF, AREVA, GDF SUEZ, dans un grand ensemble public seul à même de répondre aux grands défis de demain.
Il faut donc faire tout le contraire de ce qu'a fait le gouvernement soumis à la commission de Bruxelles et aux traités européens et revenir à une ambitieuse polique en matière d'énergie ! cessons de rêver !
Je suis un partisan du nucléaire, ça ne m'amuse pas d'avoir les fumèes des réacteurs de Golfech à l'horizon, mais ça me rassure plus que les projets fumeux sur le solaire et l'éolien !

Jean_Jacques, foin du scepticisme.

Jean-Jacques,
je comprends vos remarques. Toutefois j’aimerai vous amener à penser que le scepticisme n’est pas de mise sur ce sujet des énergies renouvelables.
D’abord le soleil est une énergie inépuisable et gratuite. C’est déjà énorme quand on y réfléchit. Dès que vous voyez du soleil, pensez que ce sont des KW à récupérer, cela sans polluer ou sans taper dans les réserves mondiales d’énergies fossiles.
Ensuite vous parlez d’investissement pour les nantis. Attention car le tarif avantageux et le crédit d’impôt sont là pour que le photovoltaïque soit à la portée de tous. Il est plus avantageux d’emprunter que de financer en propre : c’est l’effet de levier bien connu. Et vous me direz qu’on ne prête qu’aux riches. Mais si votre étude est bien faite, la revente d’électricité rembourse votre emprunt donc avec 300 € d’apport personnel, le projet est lancé. Donc non, croyez-moi, ces sujets ne s’adressent pas qu’à ceux qui peuvent « aligner », c’est tout le contraire ! Et le prix correct d’une installation de 3KW doit être inférieur à 18.000 €. Trente-mille euros c’était au siècle dernier.
Pourquoi opposer le nucléaire aux énergies renouvelables comme vous le faites ?
Ce sont des énergies complémentaires et non contradictoires.
Le photovoltaïque pourrait représenter jusqu’à 30% voire 40% de la production française sans perturbation du réseau de distribution (même si EDF essaie de nous faire croire que la limite de 10% est un maximum. Heureusement cette valeur ne correspond à rien de bien sérieux).
Pour faire décoller les énergies renouvelables - si le Grenelle 2 est toujours un peu d’actualité- il faut au départ « mettre au pot ». Ensuite le prix du KWH photovoltaïque sera moins cher que le prix du KWH traditionnel. Donc on raisonne en charges pour l’Etat au début puis ensuite en recettes. Si on n’est pas dans cette perspective, alors effectivement il ne faut pas faire décoller ce secteur !
Le nucléaire nous permet d’avoir une énergie relativement bon marché par rapport aux voisins européens. Mais attention le prix du kwh traditionnel va aller croissant car la maintenance de nos centrales nucléaires va être de plus en plus lourde. C’est cette augmentation mécanique qui justifie que l’on déploie parallèlement au nucléaire des énergies renouvelables.
Et quand on entend EDF qui justifie l’augmentation des tarifs à cause du coût du solaire photovoltaïque, c’est proprement de la duperie. Je trouve irresponsable de dresser les français contre ce type d’énergie d’autant que les arguments avancés sont faux.
Il reste le problème des déchets radioactifs que nous laissons aux générations futures et que les énergies renouvelables ne soulèvent pas. Si vous pointez du doigt les limites du photovoltaïque alors il faut également souligner les (grosses) limites du nucléaire.

Jean-Jacques, ce qui est fumeux, au sens propre bien sûr, ce sont les centrales à fioul, au gaz, au charbon et bien sûr Golfech que vous avez sous le nez.
Moi je préfère quand même des panneaux intégrés en toiture que des tours au milieu de nos campagnes.

Cordialement.

Jean-Pascal Chabaud

réponse à Jean-Pascal

Jean Pascal,
Vous ne m'avez pas complètement convaincu mais je reconnais que vos arguments sont fondés.
Simplement je ne voudrais pas que le louable développement des énergies renouvelables se fasse au détriment du nucléaire, sous l'influence des groupes de pression : politiques (écolos de toutes les obédiences) et économiques (énorme marché en vue).
C'est une question d'indépendance nationale.
Rappelons pour finir que si le prix du KWh EDF augmente, c'est pour cause de privatisation en cours.
En effet malgré l'entrée dans le monde joyeux de la concurrence libre et non faussée 96% des citoyens de ce pays sont restés fidèles à EDF.
Signalons que le KWh EDF est le moins cher du monde occidental, c'est une anomalie dans le contexte de la mondialisation libérale et de l'ouverture des marchés.
Alors le gouvernement a imaginé la Loi NOME (nouvelle organisation du marché de l'électricité) à compter du 1er janvier 2011 qui vise à mettre en place une concurrence artificielle et qui va provoquer avec la mise en place des nouveaux compteurs (385euros) et l'arrivée de nouveaux opérateurs auxquels EDF est sommée de laisser un peu de place, une flambée des prix.
Cette déstructuration du marché de l'énergie m'inquiète.

Énergie solaire photovoltaïque

L’énergie solaire photovoltaïque est une énergie électrique produite à partir du rayonnement solaire qui fait partie des énergies renouvelables. La cellule photovoltaïque est un composant électronique qui est la base des installations produisant cette énergie. Elle fonctionne sur le principe de l'effet photoélectrique. Plusieurs cellules sont reliées entre-elles sur un module solaire photovoltaïque, plusieurs modules sont regroupés pour former une installation solaire. Cette installation produit de l'électricité qui peut être consommée sur place ou alimenter un réseau de distribution.
Etant une énérgie renouvelable, c'est donc une énérgie d'avenir.C'est bien de choisir cette voie.

Loi NOME ou la spoliation des Français

Electeur UMP je me permets un commentaire sur la loi NOME, ou comment dépouiller la France de son patrimoine et spolier une entreprise nationale ..., les Français ont construit des centrales nucléaires pendant 40 ans, pendant que d'autres pays sortaient du nucléaire et critiquaient notre pays, la France et son électricien ont assumé tous les risques, et maintenant tout le monde veut croquer la belle pomme, mais toujours sans prendre les risques ! Alors oui les Français sont lésés, oui le travail des agents EDF est dévalorisé (comment expliquer de travailler plus si c'est pour la concurrence?), et oui les petits épargnants qui avaient investi dans les actions EDF en 2005 sont en train d'être ruinés, finalement les seules à y gagner sont les entreprises étrangères par la localisation de leur siège social ou de leurs capitaux, joli bilan... je regrette que vous ayez voté cette loi anti-nationale scandaleuse, faute d'avoir défendu les intérêts nationaux, j'espère au moins que vous ferez pression auprès du gouvernement pour que cette braderie se fasse à un prix juste,

Un Français écœuré et qui se sent trahi,

Réagir à cet article

Filtered HTML

  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <blockquote> <ul> <ol> <li> <p> <br>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.