Le site officiel
Actualités

› Voir toutes les actualités

Toute l'actualité de Jean Dionis

Discours Exposition Lumières Françaises à Aiguillon

Publication : 08/06/2026  |  21:27  |  Auteur : Webmaster
La Comtesse du Barry, "star" de l'exposition Lumières françaises

VERNISSAGE DE L’EXPOSITION

« LUMIERES FRANCAISES,

DE LA COUR DE VERSAILLES AU CHATEAU DUCAL D’AIGUILLON»

 

Monsieur le Préfet, Cher Daniel,

Monsieur le Président du Conseil Régional, propriétaire du Château Ducal, cher Jean-

 Madame la Directrice régionale de l’action culturelle,

 Monsieur le Maire d’Aiguillon, Cher Christian,

 Monsieur le Conservateur en chef et commissaire général d’exposition, Cher Adrien,

 Mesdames et Messieurs Maires de la communauté des communes du confluent ,

 Mesdames et Messieurs les élus de la Ville d’Aiguillon,

 Mesdames et Messieurs les conseillers départementaux,

 Mesdames et Messieurs les partenaires et mécènes de l’exposition,

 Mesdames et Messieurs,

 

Monsieur le Maire, Cher Christian

 

Vous m’avez demandé de partager la parole avec vous-même et je le fais bien volontiers tellement cette exposition est le fruit de notre travail et engagement commun.

Commençons par écouter le Duc d’Aiguillon dans cette nuit brûlante du 4 Août 1789, salle du jeu de paume à Versailles :

« Dans ce siècle de Lumières, où la saine philosophie a repris son empire, à cette époque fortunée où, réunis pour le bonheur public et dégagés de tout intérêt personnel, nous allons travailler à la régénération de l'État, il me semble, Messieurs, qu'il faudrait, avant d'établir cette Constitution si désirée que la Nation attend, (…) prouver à tous les citoyens que notre intention est d'aller au-devant de leurs désirs, d'établir le plus promptement possible cette égalité de droits qui doit exister entre tous les hommes, et qui peut seule assurer leur liberté. »

C’est par ces mots que le duc d’Aiguillon, Armand-Désiré de Vignerot du Plessis, se dépouilla et dépouilla la noblesse française de ses droits ancestraux à la tribune de l’Assemblée nationale balbutiante.

Dans une fulgurance révolutionnaire, les parlementaires originels délaissèrent, le temps d’une nuit, leurs travaux sur la rédaction de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, pour abolir les privilèges. Pied-de-nez de l’histoire dont seuls les Français ont le secret : ce sont des nobles qui se succèdent d’abord à la tribune pour faire l’égalité. Il ne fallut qu’une nuit pour venger douze siècles de tyrannie et embrasser les Lumières.

Oui, il a suffi de beaucoup de volonté politique et d’un peu de verbe pour réaliser un siècle de pensée. Les audacieux acteurs de la Révolution ne s’étaient pas mis en route sans bagages. Ils le font après un siècle de maturation, de diffusion, oserais-je d’acculturation de l’idéal des Lumières et de ce qu’elles portent en elles de plus grand : raison, curiosité et la liberté.

Le destin de la famille d’Aiguillon, du père et du fils, est l’exemple de ce grand basculement du siècle et de sa préparation philosophique et politique :

le père, Emmanuel-Armand, grand serviteur du royaume, royaliste absolutiste, fidèle même dans son exil,

et son fils, Armand-Désiré, élu de la noblesse mais progressiste, qui siège à l’Assemblée nationale, membre du Club des Bretons, qui deviendra celui des Jacobins, et fut donc une figure de proue de la réalisation des Lumières, ce soir du 4 août 1789.

Une famille témoin, et un siècle de basculement qui accouchera d’une réponse brutale.

Au cloisonnement des ordres contesté, au système fiscal honni, à la crise des finances publiques et aux famines récurrentes, succéda la Révolution, puis la République. Nos institutions modernes et notre République sont filles de la Révolution. Au matin de la Révolution, il y eut un siècle de rayonnement philosophique et artistique dans un grand bouillonnement politique et intellectuel. Nous, Européens, Français, Agenais, sommes les petits-enfants de ces Lumières.

Le vent soufflera sur Agen, parce que prospère, mais aussi grâce à la famille d’Aiguillon. L’Agenais est, donc aussi riche de personnalités politiques de premier plan : les ducs d’Aiguillon, père et fils. Et dont le père, Emmanuel-Armand de Vignerot du Plessis, est la figure tutélaire de notre exposition. Commandant en chef de Bretagne, puis ministre des Affaires étrangères et de la Guerre de Louis XV, disgracié par Louis XVI en raison de sa proximité avec Madame du Barry. Par son lignage, la famille d’Aiguillon et son appartenance à la Maison de Richelieu, arrière-petit-neveu du Cardinal, il acquiert une position importante à la Cour et devient l’un des principaux personnages du royaume. Son prestige viendra irriguer ses terres familiales d’Aiguillon, ce qui explique à lui seul le mouvement que transcrit le titre de cette exposition : de la Cour de Versailles à Agen. Dans son exil, le duc emportera avec lui les us et coutumes de la Cour, qu’il installa dans la cité ducale, mais aussi, et surtout, une collection extraordinaire dans son contenu et dans sa qualité : bibliothèque, plans, mobilier, tableaux, dont celui iconique de sa maîtresse, Madame du Barry, par Drouais le fils, qui entre en résonnance. C’est ce mouvement descendant, de l’homme et des idées, que nous avons souhaité porter dans cette exposition, en même temps que la formidable diffusion des Lumières dans tout le pays.

*********

Voilà comment est née cette exposition : à partir de la collection du Musée des Beaux-Arts d’Agen, héritée des ducs d’Aiguillon, nous avons construit une exposition qui retrace le siècle d’or de l’histoire agenaise, par sa prospérité, ses œuvres et ses grands hommes qui ont joué un rôle national et philosophique de premier plan. Agen et Aiguillon sont aujourd’hui sœurs dans l’aventure qu’est cette exposition,

Christian, je suis heureux et la ville d’Agen est heureuse, de pouvoir vous rendre un peu la pareille en partageant, pour plusieurs semaines, des œuvres qui vont, pour la première fois depuis la Révolution, retrouver leur écrin du château ducal.

Cette exposition parle en fait de la France, d’Agen et d’Aiguillon et elle tisse sous nos yeux une histoire de cette période clé et magnifique qui est celle des Lumières Françaises.

 

Cette exposition est une histoire à deux temps :

  • une première mi-temps Agenaise de décembre 2025 à Mars 2026
  • La seconde mi-temps à Aiguillon, de juin 2026  à fin juillet 2026

Et c’est très bien, ainsi, car cette mise en commun symbolise les liens très forts qui unissent nos deux villes. Exprimons-les pour mieux les partager :

  • Historiquement jusqu’en 1790, année de naissance du Lot et Garonne, Agen et Aiguillon appartiennent à l’Agenais circonscription de la province de Guyenne qui englobe le département actuel, mais déborde sur la Gironde, le Lot et Tarn et Garonne
  • Lors des Etats Généraux de 1789, le duc d’Aiguillon est élu député d’Agen représentant de la noblesse de l’Agenais
  • Agen, capitale historique de l’Agenais car place forte militaire des gaulois avec l’oppidum de l’Ermitage
  • Aiguillon, capitale géographique de l’Agenais avec le site du confluent du Lot et de Garonne
  • Agen et Aiguillon en compétition en 1795 pour être la préfecture de Lot et Garonne, un temps partagé entre nos deux villes :
    •  Agen, capitale historique de l’Agenais,
    • Aiguillon plus central, avec le prestige du château ducal pour être définitivement et raisonnablement attribuée à Agen.
  • L’histoire de cette collection, enfin : propriété du Duc d’aiguillon, ayant pris vie ici dans ce château et maintenant abritée et mise en valeur à Agen dans son musée des Beaux-Arts.
  • Philippe Sella, gloire du rugby Agenais né et grandi à Bourran, banlieue d’Aiguillon
  • Et pour finir la belle amitié entre votre Maire, cher Christian et votre serviteur, qui a tenu la même fonction à Agen pendant 18 ans …..

Agen et Aiguillon ont un magnifique passé en commun……

Nous avons fait une exposition commune,

Clin d’œil annonciateur d’un avenir commun, l’histoire le dira ……

En attendant,

Vive les Lumières et l’esprit français !

 Vive la culture !

Vive Agen et Aiguillon, la mano en la mano !

 

***********



 



 

 

 

Réagir à cet article

Filtered HTML

  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <blockquote> <ul> <ol> <li> <p> <br>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.