Discours 30 ans du PLIE de l’Agenais
Mme la Directrice de la DDETSPP, représentant Monsieur le Préfet.
Monsieur le Président de l’Agglomération Agenais, cher Olivier
Intervention de la région, en attente de leur retour
Intervention du département, M. JJ MIRANDE
Mme la Présidente du PLIE de l’Agenais, chère Séverine,
Chers amis,
Madame La présidente, vous m’avez demandé de prendre la parole pour rappeler les conditions de la naissance de notre PLIE de l’Agenais. Je vous en remercie et je crois que cet effort de mémoire, au demeurant très sympathique, peut être utile à notre travail d’aujourd’hui.
Si le Plie d’Agen nait officiellement en 1996, la démarche des élus Agenais date de la fin de l’années 1995.
1995, Il faut faire, dans nos têtes, un effort de contextualisation.
1995 : le taux de chômage est autour de 12 % sur l’Agglomération et continue à monter (il est actuellement autour de 8 % sur l’agglomération d’Agen) .
Fin 1995, nous sortons d’élections municipales où l’emploi a clairement été la demande prioritaire de nos concitoyens un peu comme la sécurité et la revitalisation des centres-villes l’ont été pour les dernières municipales.
Et dans ce contexte socio-économique, Les PLIE (Plans Locaux pour l’Insertion et l’Emploi) sont apparus au début des années 1990 dans un contexte marqué par la montée du chômage de longue durée, partout en France, et par l’exclusion durable de certaines catégories de population du marché du travail.
Il est intéressant de se remettre en mémoire l’historique de ce dispositif.
Les premiers PLIE sont expérimentés à partir de 1990 à l’initiative de collectivités locales. C’est important de le souligner et c’est souvent le chemin de l’innovation socio-économique en France : Une collectivité locale invente une bonne pratique et l’Etat joue son rôle de diffuseur national pour la propager sur l’ensemble du territoire nationale. L’idée des pionniers des années 1990 est alors de dépasser les limites des politiques nationales en développant des réponses adaptées aux réalités spécifiques économiques et sociales de chaque territoire. Plusieurs sources mentionnent notamment Marseille parmi les premières expériences.
À cette époque, les collectivités constatent que de nombreuses personnes cumulent plusieurs difficultés :
• Chômage de longue durée ;
• Faible qualification ;
• Problèmes de mobilité, de logement ou de santé ;
• Isolement social.
Les dispositifs existants sont jugés trop cloisonnés et insuffisamment coordonnés.
En tout cas, et il faut le souligner aujourd’hui, Agen et son agglomération ne perdent pas trop de temps pour repérer l’intérêt de ce nouveau dispositif. A peine, 5 ans séparent les innovants de Marseille ou d’ailleurs des pionniers Agenais qui leur enclenchent le pas.
Comment avons-nous été convaincus ?
- L’Etat a, en l’occurrence, pleinement joué son rôle de diffuseur de bonnes pratiques sur tout le territoire national.
- Les fondements du dispositif (approche globale sur un territoire pertinent, suivi personnalisé, etc…) nous avaient convaincus.
- Et, soyons honnêtes, et rendons à César ce qui est à César, dès le départ, le dispositif est bien financé grâce à l’Union Européenne. Et oui, Vive l’Europe !
Après, il faut revenir en 1995.
Pas encore de Communauté d’Agglomération, c’est encore le District.
Nous sommes au point bas historique de communes adhérentes : juste 5 ! Pont du casse et Colayrac viennent de nous quitter en faisant leur petit « Brexit ».
Et pourtant, il y a de la joie et de l’énergie dans les réunions hebdomadaires avec déjeuner des 5 mousquetaires du PLIE : Christian Dézalos, pour Boé, veille sur les adhérents, Jean-Michel Drapé et Francis Auradou, vice-président, Jean Barrull, pour le Passage, veille sur les finances …..et votre serviteur assume sa première présidence opérationnelle. Et tout ce petit monde est coordonné par Sylvie Frizzi, livradaise émigrée à Agen pour la cause du PLIE qui fait avec Françoise Anglade un tandem administratife de choc . (la saluer si elle est présente) .
Je veux souligner ici que dès le début le PLIE d’Agen a été innovant :
Juste un exemple : les années 1990-2000 sont celles de la vague Internet qui déferle sur toute l’activité socio-économique et bien le PLIE historique ose affirmer que des demandeurs d’emploi peuvent trouver du travail dans les nouveaux métiers du Net. Le PLIE d’Agen crée Internet insertion, sponsorisée par Michel Serres lui-même, et forme de jeunes demandeurs d’emploi aux nouveaux métiers du Net : webmaster, Community manager….Il m’arrive de les croiser, aujourd’hui, professionnels chevronnés : Pierre Guillou à la mairie d’Agen, Gille Deyris à Foulayronnes…..
A quand IA insertion, chère Séverine ?
Quels étaient nos objectifs initiaux ?
À l’origine, les PLIE poursuivaient quatre objectifs majeurs.
1. Favoriser l’accès à l’emploi durable
L’objectif principal n’était pas simplement de réduire le chômage, mais de permettre aux personnes très éloignées de l’emploi d’accéder à un emploi stable et durable. Oui, il y avait une vraie ambition sociale : le travail ne devait pas être réservé à une élite de personnes diplômés et en bonne santé.et là il faut bien le dire. Il reste beaucoup de travail à faire. Le chantier est infini !
2. Construire des parcours individualisés
Le principe fondateur du PLIE est l’accompagnement personnalisé. Chaque participant bénéficie d’un parcours adapté à sa situation, combinant selon les besoins, accompagnement social, orientation, formation, mise en situation professionnelle et suivi dans l’emploi.
Cette logique de « parcours » était relativement innovante au début des années 1990. Elle rompait avec une vision standardisée des politiques de l’emploi pour lesquels la main invisible du fameux marché de l’emploi se chargeait d’ajuster besoins et ressources humaines. Plus que jamais, l’accompagnement individualisé est le bon outil de l’insertion économique.
3. Coordonner les acteurs d’un territoire
Les créateurs des PLIE considéraient qu’aucun acteur ne pouvait résoudre seul les problèmes d’insertion. Et ils avaient raison,. Le dispositif avait donc pour vocation de mettre en cohérence les interventions des collectivités, des services de l’État, des organismes de formation, des entreprises et du secteur associatif. Et bien, j’ai le souvenir de tout ce petit monde, plein de préjugés les uns sur les autres, commençant à se réunir, à déjeuner ensemble et à travailler ensemble et c’est aussi cela le PLIE.
4. Rapprocher le monde économique et les publics exclus
Dès l’origine, les PLIE ont été conçus comme des « passerelles » entre les entreprises et les personnes éloignées de l’emploi. L’objectif était de partir des besoins réels de recrutement des entreprises tout en sécurisant les parcours des demandeurs d’emploi. Et là, l’engagement des élus qui, en gébéral, peuvent apporter une connaissance personnelle des entrepreneurs du territoire est un atout décisif.
Bref de 1995 à 1998, il y eut vraiment une naissance et une petite enfance de notre PLIE à la fois un peu amateure et approximative, mais avec une véritable volonté, de rendre service à nos concitoyens demandeurs d’emploi, avec un élan, avec un culot favorisé par la gestion associative et une petite équipe administrative déterminée.
En bon disciple de Michel Serres, je ne vais surtout pas vous imposer un « C’était mieux avant… » auquel je ne crois pas.
Le PLIE était une vraie innovation, un bon outil. Il fallait donc lui donner les moyens de grandir et ce fut la lente et prudente marche de la reconnaissance nationale jusqu’en 1998.Et, en effet, après plusieurs années d’expérimentation locale, les PLIE sont consacrés par la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998. Cette loi reconnaît officiellement leur rôle dans les politiques d’insertion et d’emploi.
Localement à Agen, le chemin sera encore plus long.
La construction de l’Agglomération se met enfin en marche :
- Le District devient communauté d’agglomération en 2000
- Et l’Agglomération va désormais attirer à elle l’ensemble du pays de l’Agenais dans des adhésions successives jusqu’en 2022 pour réunir 44 communes et 106 480 habitants.
La forme associative du PLIE fait de la résistance jusqu’en 2011…..date à laquelle le PLIE est logiquement intégré à Agglo Emploi, le service de l’Agglomération dédié à l’accompagnement de nos demandeurs d’emploi.
Les pionniers avaient fait leur boulot et leur temps.
A d’autres, de prendre le relais avec une autre puissance de frappe, mais avec la même vocation de service public de l’emploi.
Vive le PLIE et celles et ceux qui l’ont fait grandir et qui le font vivre !
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