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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Conseil national du MoDem : quelle ligne politique après les gilets jaunes ?

Publication : 04/02/2019  |  15:38  |  Auteur : Jean Dionis

J’ai assisté au conseil national du MoDem à Paris, ce samedi 4 février. Le conseil national du MoDem, c’était environ 300 cadres du MoDem, venus de toute la France, réunis à l’invitation de François Bayrou et de la direction du MoDem. 

C’était pour moi une première prise de contact avec les instances nationales du MoDem depuis mon adhésion en mai 2018 (lire ma chronique http://jeandionis.com/blog/pourquoi-je-rejoins-modem ).

J’ai trouvé le MoDem en forme et en ordre de marche.

Les débats étaient intéressants et bien animés par François Bayrou et Marielle de Sarnez. Les ministres MoDem, Jacqueline Gourault, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau ont porté un témoignage fort et cohérent de leur présence au sein du gouvernement. Derrière François Bayrou, une jeune génération talentueuse (Marc Fesneau, Jean-Noël Barrot, Sarah El Haïry, etc....) est en train d’émerger avec bonheur.

Les débats étaient forcément très centrés sur la crise des « Gilets jaunes » et je partage depuis le début l’analyse de François Bayrou affirmant que ce mouvement pour l’essentiel pose deux questions, une question sociale et une question démocratique (lire ma chronique   http://jeandionis.com/blog/voeu-verite ). Je suis de ceux qui pensent que les Gilets jaunes ont, en effet, posé deux questions centrales pour la vie sociale et politique de notre pays : celle du partage de l’effort fiscal entre les Français et celle de l’amélioration du fonctionnement de notre démocratie française.

Je sens profondément que les Français attendent du Grand débat national d’abord et avant tout la réponse à ces deux questions et même s’il est exact qu’il y a beaucoup de confusion et dans le mouvement des Gilets jaunes et dans le grand débat national, il est utile de se rappeler que deux revendications ont émergé de ce mouvement. La première concerne le rétablissement de l’ISF et la deuxième est celle portant sur le référendum d’initiative citoyenne (R.I.C.).

Or, sur ces deux points centraux, j’ai senti le MoDem très prudent pour le moment. On peut le comprendre en début de grand débat national. Pas à la fin. Il faudra bien sortir du bois y compris sur ces deux sujets (« chauds »).

Je connais bien le socle « doctrinal » des centristes sur ces deux problématiques. Il est à la fois très favorable à l’impôt comme mécanisme central de redistribution et donc de réduction des inégalités et très favorable à la démocratie représentative avec une vraie méfiance par rapport au référendum. Cela nous amènerait, de manière cohérente, à une position favorable à un impôt sur le capital et défavorable à une extension du référendum d’initiative citoyenne tel qu’il existe déjà dans notre constitution d’aujourd’hui.

Mais quelle ligne politique cohérente construire, qui soit à la fois fidèle à nos convictions centristes et ouvertes aux attentes exprimées lors de ce mouvement des Gilets jaunes ? Voilà le chantier majeur qui attend François Bayrou et le MoDem en ce premier trimestre 2019.

La question démocratique est à mon avis la plus facile à traiter pour le MoDem. Je propose pour ma part que le MoDem exige d’abord la réparation de notre démocratie représentative nationale. Depuis des années, F. Bayrou, le MoDem et les centristes réclament la prise en compte des votes blancs, l’introduction d’une dose de proportionnelle, etc…Il nous faut aller plus loin dans cette grande réparation de la démocratie représentative et revenir sur le quinquennat et le calendrier électoral pour rendre son autonomie à une Assemblée nationale trop asservie au pouvoir exécutif. Faut-il élargir le champ d’application du référendum d’initiative citoyenne ? pour ma part j’y suis favorable en ayant regardé de près ce qui se passe en Italie, en Suisse et dans les grands Etats américains (Californie, etc…), tous terrains d’application du fameux RIC et à la condition expresse de ne pas détricoter l’architecture de la 5ème République. Mais de ce côté-là, le MoDem est bien placé pour produire cette ligne faite de subsidiarité et en final de confiance au suffrage universel.

J’ai, par contre, pleinement conscience de la difficulté pour le MoDem de faire émerger une ligne politique fiscale à la fois fidèle à ce que nous sommes et « post gilets jaunes ».

La difficulté est d’abord une difficulté de fond, bien identifiée, de définir une politique fiscale exigeante, mais non confiscatoire, pour les plus riches de nos concitoyens dans une économie mondialisée. On connait la critique par cœur, celle de la mobilité des riches et la perte de substance fiscale qu’entrainerait leur fuite hors du territoire national. Je suis pourtant favorable à la mise en place d’une telle politique avec la (re)mise en place d’un impôt sur le capital (ISF ou un autre si l’ISF avait trop de tares congénitales), à la promotion extrêmement énergique d’une politique de fermeture des paradis fiscaux à l’intérieur de l’Union Européenne et de transfert de l’impôt sur les sociétés le plus rapidement possible à l’Union européenne, notamment pour l’harmoniser autour d’un taux unique européen.

Mais ne nous cachons pas la réalité, la difficulté est aussi politique, le président de la République ayant à priori fermé la porte à un retour à l’ISF. Le MoDem peut-il porter, sur certains points majeurs, et en tant que parti, des positions différentes de celles du président de la République ?

Question à laquelle il faudra bien répondre au terme de cette crise et du grand débat national.

Le MoDem faisait plaisir à voir samedi. Deuxième pilier incontournable de la majorité présidentielle, il est redevenu un acteur majeur de notre politique nationale.

A ce titre, il doit impérativement être au rendez-vous de la fin du grand débat national et pour cela, il devra avoir construit et fait adopter en son sein un projet politique « post Gilets jaunes ».

A François Bayrou et à la direction nationale de se saisir de ce chantier prioritaire. S’ils le font en temps voulu, la suite de l’histoire politique de notre pays pourrait bien s’écrire autour d’eux.

 

 

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