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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Pourquoi je rejoins le Modem

Publication : 02/05/2018  |  08:37  |  Auteur : Webmaster

Je viens d’adhérer au Modem.

Je rejoins le modem 11 ans après sa création.  Je n'avais pas suivi ce chemin en 2007, et pourtant, je me sens comme celui qui revient « à la maison » après une longue dispute familiale. Forcément  émouvant pour celles et ceux qui, comme moi, prennent la politique au sérieux.

Comment en suis-je arrivé-là ?  J’ai décrit dans la chronique de ce blog de la semaine dernière quel avait été mon chemin politique depuis la tourmente qu’avait été l’élection Présidentielle de 2017. Un an après l’élection d’Emmanuel Macron,   je  suis un des très nombreux qui « ont vu….et ont cru » après …n’y avoir pas cru du tout (lire ma chronique   « Un an de Présidence d’Emmanuel Macron au filtre de mes convictions »  http://jeandionis.com/blog/an-presidence-macron-au-filtre-mes-convictions ) . Et c’est donc désormais à partir de ce positionnement que je compte vivre mon activité politique.

Mais la politique n’est pas une activité à pratiquer en solo. Elle n’a de sens que si elle est vécue et pratiquée en équipe. Dans quelle équipe vivre mon soutien libre au président de la République tout en continuant à me battre pour mes convictions ? Voilà, la question…

Depuis 1990, mes convictions se sont cristallisées et stabilisées. Au fond de moi-même, je suis un démocrate-chrétien, avec deux sources d’inspiration  fondamentales, le mouvement républicain et la tradition catholique (notamment sa doctrine sociale).  En France, de manière cohérente, les militants démocrates-chrétiens ont constitué depuis longtemps un des principaux courants des partis centristes.

J’ai vécu, comme des milliers d’entre nous, l’histoire récente du Centre en France. J’ai donc été  au Centre des Démocrates-sociaux (CDS) , à Force démocrate (FD), à l’ Union pour la démocratie française (98-2007)…..

En 2007 – j’étais député sortant – j’ai vécu de près « la grande déchirure » entre ceux – dont j’étais derrière Hervé Morin- qui ont voulu rester fidèles à l’alliance traditionnelle de la droite et du Centre et ceux qui – derrière François Bayrou – voulaient être indépendants et regarder à gauche….

Toutes ces années, tous ces combats, c’est notre histoire. Pas question de renoncer à en être fiers.

Mais l’histoire n’est vraiment utile que si elle éclaire l’avenir.

Une bonne connaissance de ce que nous sommes, nous les centristes, me permet d’affirmer que l’élection présidentielle de 2017 marque d’abord la fin de la période politique qui va de 2002 à 2017. 

Fini le projet politique de l’UMP de 2002, grand parti de droite et du Centre. Les Républicains de Laurent Wauquiez  tracent maintenant leur sillon à droite toute. C’est respectable. Cela vaut mieux que les caricatures partisanes auxquelles ils sont réduits. Peut-être, mais en tout cas, ce ne sont pas nos convictions. L’UDI a pris à juste titre ses distances par rapport  à la  ligne politique des LR.

Fini aussi le Parti socialiste d’Epinay, laminé aux élections  de 2017. Plus personne au Modem ne regarde à gauche comme ce fut le cas en 2007 ou en 2012… La réalité est que le Modem comme l’UDI approuvent l’essentiel de la politique du Président (Europe, réformes, libéralisme).

Le terrain est donc dégagé pour la réunification des Centristes,  maintenant….et pourtant le dernier congrès de l’UDI n’a pas permis le moindre progrès dans cette direction.

J’ai donc pris la décision de quitter l’UDI  parce que je n’en peux plus de cette division artificielle entre Modem et UDI que rien ne justifie tant les positions politiques dans tous les domaines sont identiques et parce que la ligne d’ »opposition constructive » de l’UDI au Président de la république est devenue illisible…

Mais me direz-vous, puisque vous partez vers la majorité présidentielle, ne faites pas les choses à moitié, mettez vous « En Marche » ! Et bien non...  

Je regarde avec intérêt  l’émergence d’En Marche, évènement majeur de la vie politique française. En Marche bénéficie de l’aura et des moyens liés à son statut de parti du Président. Certaines de ses pratiques sont innovantes comme, par exemple,  le fait d’aller chercher régulièrement l’avis du corps électoral.

Mais je n’irai pas à « En Marche » d’abord parce que je veux rester parfaitement libre dans mon soutien au Président de la République et pouvoir être en désaccord avec lui, comme c’est actuellement le cas sur sa politique territoriale ou sa politique sociale.

Je n’irai pas ensuite parce qu’ « En Marche » a, à ce jour, des contours idéologiques flous et est d’abord la machine politique du Président. Et, en bon centriste, je me méfie de ces partis trop personnels  qui courent toujours le risque de se dégrader en outil bonapartiste, quelles ques soient les qualités du chef servi. Pour moi, la démocratie ne doit pas se limiter à  l’élection du Président de la République. Elle doit être le principe directeur de toute notre vie sociale. Ce n’est pas le cas pour les instances nationales d’En Marche, sélectionnées selon un curieux mélange de désignation autoritaire et de tirage au sort…

J’ai donc choisi d’aller au Modem, pour être clairement et librement dans la majorité Présidentielle sans être « enfermé » dans le parti du Président.

J’ai choisi le Modem pour joindre les actes à la parole et faire, à mon niveau personnel, ce que je peux pour l’indispensable réunification du Centre, puisque la direction de l’UDI refuse le moindre mouvement dans cette direction.

J’ai choisi le Modem parce que j’ai pour son Président, François Bayrou, un profond respect pour l’homme de grande culture et de courage qu’il est. Nous avons eu des différents politiques, notamment en 2007. Je les assume pleinement. Mais je m’honore de son amitié fidèle, durable, traversant les vicissitudes de la vie politique.

Je garde toute mon amitié à chacune et à chacun de mes amis du Nouveau Centre et de l’UDI. A chacun, sa vérité profonde et son chemin politique. Je suis disponible pour échanger avec toutes celles et ceux qui le souhaiteront.

Ce soir, je ressens une étrange sérénité. Politiquement, j’ai « déménagé ». Jamais facile. J’en paierai le prix. J’y suis prêt.

Mais, j’ai mis un peu d’ordre et de vérité dans ma vie politique et dans mes  convictions profondes. Et cela fait beaucoup de  bien.       

 

Post-Scripum : Vous avez été plusieurs à m'interroger sur les conséquences de cette adhésion sur notre vie municipale. Nous bénéficions à Agen d'une majorité stable et de qualité rassemblant depuis 2008 LR/UDI/MODEM ainsi que des personnes sans étiquette adhérant à notre projet municipal. En adhérant au MODEM, je reste à l'intérieur de ce contrat initial passé avec les agenais. Dans ce contrat, ce qui est premier, c'est le respect de nos engagements auprès des agenais. Sur ce point, rien ne change, nous tiendrons parole, ma détermination est totale.

 

Photo : La Dépêche du Midi

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