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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

La civilisation du poisson rouge : notes de lecture sur l’addiction au Numérique.

Publication : 14/10/2019  |  13:51  |  Auteur : Jean Dionis

Mon directeur de cabinet à la Mairie d’Agen, lors d’une de nos discussions sur les réseaux sociaux, me trouva visiblement trop naïf et trop béatement optimiste par rapport à ceux-ci. Il m’offrit, comme vaccin, le livre de Bruno Patino, « La civilisation du poisson rouge : Petit traité sur le marché de l’attention » (Editions Grasset).

Je viens d’en terminer la lecture. Il m’a passionné et je vous en recommande vivement sa lecture.

Le sujet du livre est, pour faire simple, la place ou plus précisément le temps consacré au numérique dans nos vies quotidiennes et dans nos sociétés.

Ce livre m’a passionné et vous passionnera d’abord parce qu’il parle de nos vies quotidiennes et des 3h, 4h, 5h par jour que nous passons sur nos smartphones et nos iPads. Bref, il nous fait prendre conscience que nous sommes devenus tous plus ou moins addictifs aux produits d’information fabriqués par les grandes plateformes (Facebook, Twitter, Instagram, etc…). J’ai, tout comme vous, une addiction à ce véritable robinet permanent d’informations.

Et vous n’êtes pas seul, « Le temps moyen quotidien passé sur smartphone a doublé dans la plupart des pays du monde entre 2012 et 2016 pour atteindre des chiffres déjà inquiétants : 4h,48 au Brésil, 3h en Chine, 2h37 aux USA et 1h 32 en France. La plupart des experts s’attendent à nouveau un doublement du temps consacré d’ici à 2020. » (page 21). La première chose à faire, c’est la vérité sur votre niveau d’addiction. Et pour cela, la rubrique « temps d’écran » sur votre smartphone sera un excellent éthylotest du numérique.

Un vrai choc pour moi. Je m’en doutais. Je ne voulais pas savoir. Maintenant je sais. Donc, je suis addictif au numérique. Ne riez pas. Parce que si vous êtes lecteur ou lectrice de ce blog, il y a toutes les chances que vous le soyez aussi.

La bonne nouvelle, c’est que, comme pour l’alcool, on peut…s’en sortir et Bruno Patino nous propose une ordonnance en 4 points (pages 159 à 162) :

  1. Sanctuariser des lieux de votre vie personnelle et sociale sans …smartphone, Vous les choisirez sans problème. L’aide de votre conjoint vous sera très précieuse : votre chambre ?, la salle à manger ? 
  2. Préserver : ce qui est vrai pour l’espace l’est également pour le temps. Donc pas de smartphone la nuit bien-sûr, mais aussi les vacances ? A vous de voir.
  3. Expliquer : notamment qu’il y a des passerelles nuisibles entre la vie sur les réseaux sociaux et « la vraie vie ». « Cela permet de faire comprendre que ce qui semble virtuel (harcèlement, plaisanterie) ne le reste pas longtemps. »
  4. Ralentir : notamment pour se nourrir intellectuellement d’une pensée construite à laquelle nous décidons de consacrer, par exemple, une demi-heure de lecture par jour.

Plus facile à dire qu’à faire l’ordonnance du Dr Patino : certainement, mais nous n’avons plus le choix. Il nous faut résister, faire reculer le numérique dans nos vies pour y faire rentrer d’autres respirations …sinon, nous sommes programmés pour devenir des poissons rouges. Vous savez, ceux qui vous regardent avec ce regard abruti au travers et qui ont « une mémoire de poisson rouge », incapables de mémoriser ne serait-ce que la dernière notification. La fameuse « mémoire de poison rouge… ».

Mais la dimension individuelle de cette addiction n’est pas seule et il faut aussi et surtout réfléchir à ce sujet en tant que citoyen.

Je suis de la génération qui a vu arriver Internet en France dans les années 1990-1995. Comme l’auteur, j’ai cru et j’ai milité pour que le web soit d’abord un espace de liberté fantastique et universel. Je me rappelle de mon émotion quand en 2003, alors Député et rapporteur de la loi de confiance dans l’économie numérique, j’ai fait modifier et adopter l’article 1 de cette première grande loi française de l’internet en affirmant : « La communication au public par voie électronique est libre ». Il y avait alors un souffle, un élan de liberté.

Sauf que 15 ans, plus tard, le père de l’Internet, Tim Berners-Lee fait le constat amer de l’échec du Web : « Nous savons désormais que le Web a échoué. Il devait servir l’humanité. C’est raté. La centralisation accrue du web a fini par produire un phénomène émergent d’une grande ampleur qui attaque l’humanité entière. Et cela a été fait sans action délibérée de ceux qui ont dessiné cette plate-forme ». (page 34).

Que s’est-il passé pendant ces quinze années ? Elles ont vu la création et l’émergence des fameux GAFAM (Google Amazon Facebook Apple Microsoft) en tant que plateformes omniprésentes de notre vie quotidienne. La fameuse révolution des réseaux sociaux, bien loin de n’être que des outils neutres de liens sociaux, mais véritables aspirateurs de nos données personnelles. Ces réseaux sociaux captent la grande majorité de la ressource publicitaire, qu’ils optimisent à l’aide d’algorithme permettant un ciblage extrêmement précis de la publicité en fonction de nos données personnelles.

Le choc entre les intérêts des géants de l’internet et les aspirations des citoyens me parait inévitable à la lecture de ce livre.

Comment lutter contre de telles puissances financières et économiques ? Les outils pour ce combat existent : la loi antitrust aux USA, les directives européennes de protection de données individuelles, (qui devront notamment en finir avec l’irresponsabilité pénale des hébergeurs), les projets concurrents et alternatifs.

Que de grands combats politiques à mener pour que le Web avec ses réseaux sociaux, redevienne un espace de liberté …et de vérité !

Le livre de Bruno Patino se termine par un beau message d’optimisme.

Non, nous ne sommes pas condamnés à être les poissons rouges du marché de l’attention !

Lisez-le. C’est un bon viatique sur le chemin de la sortie de l’addiction numérique.

Allez, de l’audace, citoyen numérique.

 

Les réactions

Merci de nous rappeler à la raison. Mais comment faisions nous pour survivre avant l'invention de toutes ces sources d'addiction? Enfants nous passions nos journées à jouer dehors, à lire....Nous n'avons pas anticipé les ravages de l'hyperconnexion, surtout chez les enfants.

Bonjour, enfin un raisonnement , un livre mais surtout une personne qui pense ce que j'ai dit depuis fort longtemps. Oui le numerique à depassé l'utile et la securité à l'abus, le conditionnement , l'hyperconnexion , la folie des jeux qui abrutissent nos enfants, du manque de relationnel concret, et par ces principes dits modernes la perte des jobs et de l'emploi.

Nos caisses numerisées, nos infrastrutures automatisées ( ou passe notre contribution) nos fonctionnaires des impots et bien d'autre encore. on ause parler des voitures sans chauffeur .Mais pour qui ils nous prennent ? ou est le plaisir de la vie, les rencontres  des hommes et des femmes..... pour faire simle .... LA VIE.

Nous rendre coupable de la polution de la planette ? mais qu'elle méconnaissance.....

 Gardez votre diésel ou votre chauffage au fioul parce qu'il faudra dans quelques années revenir au gazole et au fioul. Pourquoi ? lisez ce qui suit, c'est d'une logique imparable.

Je crois qu’il est grand temps d’apporter quelques petites précisions :

Écrire qu’il faudrait laisser le temps aux gens de migrer des voitures à moteur diesel aux voitures à moteur essence démontre que vous n’avez, comme la plupart de nos concitoyens d’ailleurs, aucune idée de comment sont obtenus les différents produits pétroliers.

Un écologiste forcené (un YAKA comme on en connait tous) me disait récemment que la solution était simple  : YAKAPLU fabriquer du gazole !

Lui aussi croyait qu’on « fabriquait » du gazole à la demande...

 la FABRICATION :

Je m’en vais donc éclairer votre lanterne et vous expliquer comment on obtient les différents produits issus de la distillation du pétrole. Eh oui, une raffinerie n’est ni plus ni moins qu’une distillerie et on distille le pétrole comme la lavande pour la parfumerie ou le raisin pour la gnôle…

Pour faire simple et en schématisant beaucoup (car en vérité c’est un tout petit peu plus complexe)

1) On verse du pétrole brut dans une immense cuve et on allume le feu dessous, très doucement au  début:    20°c.

> > 2) La cuve commence alors à « dégazer », et on récupère les gaz: propane, butane, GPL...

> > 3) On augmente le feu vers 150 à 200°c, sortent les vapeurs qui, une fois condensées donnent les essences de pétroles. D'abord les naphtes, pour la pétrochimie, puis l’essence pour nos voitures.

 

4) On augmente encore la température jusque vers 300°c. Montent alors les huiles: le kérosène pour les avions, le fameux gazole pour nos moteurs diesel, et le fioul domestique.

et ainsi de suite..Il ne reste à la fin plus que les résidus : Les bitumes avec lesquels nous faisons nos routes.Et le fuel lourd très polluant utilisé dans les grosses chaudières des tankers ou de certaines chaufferies urbaines!

Rien ne se perd dans le pétrole.

> > > en schématisant beaucoup

   CONCLUSION:

On ne fabrique pas du gazole à la demande. Qu’on le veuille ou pas, qu’on le consomme ou pas, il sort des cuves au cours du process de fabrication.

Et ce gazole représente 21% de la masse du pétrole brut, ce qui est loin d’être négligeable.  (45% pour l’essence).

> > La vrai question c’est : Qu’est-ce qu’on en fait si on ne le consomme plus ?

> > Vers la fin des années soixante, seuls les camions, des bateaux pas trop gros et quelques rares voitures étaient équipés de moteurs diesel. On ne consommait pas tout le gazole issu des raffineries.

Le surplus était rejeté à la mer !

Les compagnies pétrolières, devant ce manque à gagner, se sont alors tournées vers les constructeurs automobiles pour leur demander de développer les moteurs diesel, et c’est ce qu’ont fait les constructeurs.

Avec de nouveaux alliages acceptant des hautes températures de fonctionnement, des taux de compression plus élevés et l’intégration de système de suralimentation (les turbos) ils ont obtenus des moteurs diésel aussi performants que les moteurs à essence, plus fiables, avec une meilleure longévité et qui consommaient moins.

Le succès des moteurs diésel, aidé par une fiscalité moins âpres sur le gas-oil a donc été fulgurant !

Je me souviens qu’à l’époque, des panneaux publicitaires de 4m sur 3m, faisaient l’apologie du moteur diésel, et la presse vantait dans tous les articles «l’écologie» du moteur diésel, affirmant qu’il polluait moins que le moteur à essence...

Le problème aujourd'hui, c’est qu’on a inversé la tendance, et qu’il existe, surtout en France, un gros déséquilibre de la demande entre l’essence et le gazole.

Il faut donc impérativement pour les pétroliers revenir à l’équilibre, et contrairement ce que croient les gens, il n’est pas question d’éradiquer les moteurs diésel, au risque de retourner aux années soixante.

 

Comment résoudre ce dilemme ?

Sachant qu’entre deux moteurs, les gens choisiront toujours le plus performant, il faut donc faire une campagne de dénigrement du moteur préféré des usagers.

On mobilise donc les politiques et la presse, on prend une poignée de fous furieux intégristes écologistes à qui « on bourre le crâne », et c’est parti pour façonner l’opinion publique, et fabriquer le consentement.

Et vous verrez que lorsqu'on sera revenu à l’équilibre (2 véhicules essence pour 1 véhicule diésel) comme par magie, on retrouvera des vertus au gazole.

D'autant que le gros problème du diesel était le rejet des particules, et qu’il a été résolu par l’adjonction de filtres à particules qui piègent 99% des émissions.

Il n'y a donc pas de problème avec le diesel.

Tout ça n'est que :

MANIPULATION de l'OPINION et on se fait tous pigeonner !!!

 

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