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Dévoilement de la statue de la Marseillaise

Publication : 16/07/2018  |  17:28  |  Auteur : Jean Dionis

Monsieur le Député, Monsieur le Maire de Dinslaken, cher Michaël, Mesdames et messieurs les Conseillers Municipaux, chers collègues, Mesdames et messieurs les Présidents et les conseillers de quartier, Mesdames et messieurs les représentants des associations militaires de Dinslaken et d’Agen, Mesdames et messieurs, chers amis,

C’est un vrai bonheur et aussi un honneur de vous retrouver aujourd’hui, en ce 14 juillet 2018, pour célébrer le retour de la statue de la Marseillaise dans notre ville. Notre satisfaction est immense aujourd’hui car l’histoire de la Marseillaise à Agen n’est pas banale. Elle a quelque chose de romanesque, savant mélange de grande histoire de notre pays et de petite histoire locale. Je n’ai pas le talent de Balzac ou Hugo, mais j’ai envie de partager avec vous aujourd’hui le roman de la Marseillaise. Comme tout bon roman il faut le replacer dans son contexte historique.

Nous sommes à la fin du 19ème siècle. C’est la France de la IIIème République meurtrie et revancharde après la défaite française contre les Allemands lors de la guerre de 1870 à 1871. La IIIème République est fragile car l’enracinement de la république est encore récent et les tentations monarchistes ont été fortes jusqu’à 1875. Dans ce contexte, c’est donc naturellement que la IIIème République exalte et célèbre tous les symboles de la République naissante. La toponymie agenaise en est d’ailleurs un exemple fragrant avec son boulevard de la République, sa place du XIV juillet. Deux statues marqueront également cette période, la Marseillaise et la République.

Mais restons sur la Marseillaise car c’est finalement un concours de circonstance heureux qui l’amène à Agen. Elle a été réalisée par le sculpteur Dagonnet et elle était destinée initialement pour le jardin du Luxembourg. Je salue les descendants du sculpteur de la Marseillaise qui sont parmi nous aujourd’hui. C’est une magnifique statue où une jeune femme à tambour exprime magnifiquement l’élan patriotique de défense de la République et de la révolution française. La beauté de la Marseillaise n’échappe pas à Joseph Chaumié, Agenais de naissance et alors Ministre de l’instruction publique et des beaux-arts. En bon patriote agenais et probablement en toute illégalité, il la détourne vers notre ville pour l’installer le 14 juillet 1903 dans ce square du Pin qui était à cette période l’un des quartiers les plus vivants d’Agen.

A partir de là, la Marseillaise va incarner les sentiments patriotiques des Agenais jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Mais cette première moitié du 20ème siècle est particulièrement instable en France et en Europe avec la première guerre mondiale dont nous célébrons cette année le 100ème anniversaire de l’armistice et bien sûr la seconde guerre mondiale.

Pour soutenir l’effort de guerre et répondre aux exigences de l’occupant allemand, le régime de Vichy promulgue une loi en octobre 1941 ordonnant la fonte de tous les monuments publics en bronze. Comme 20 autres statues en Lot et Garonne, le Maire d’Agen de l’époque n’aura pas d’autre choix que de la sacrifier avec trois autres statues en 1942. Il ne pourra en sauver qu’une, celle de notre poète occitan Jasmin à l’autre extrémité du Boulevard de la République. Elle n’est finalement restée que 39 ans mais suffisamment longtemps pour laisser une trace durable dans la mémoire collective agenaise. Les récits de l’époque racontent que les Agenais pleuraient lorsque l’on a déboulonné la Marseillaise. Fin du premier chapitre mais dans un bon roman il faut toujours des rebondissements et le roman de la Marseillaise ne s’arrête donc pas là !

En 2008, Agen se lance dans le projet Agen Cœur battant. Au cœur de ce projet structurant pour Agen qui se poursuit encore aujourd’hui, il y a la piétonisation du boulevard de la République et son embellissement (lumières, façades, mobilier, espaces verts). C’est presque naturellement que se repose alors la question des statues urbaines disparues en 1942 mais encore bien présentes dans les mémoires agenaises. La Marseillaise bien sûr mais aussi la République qui était au centre de la place du XIV juillet. C’est à ce moment-là que démarre un rêve un peu fou : «et si nous refaisions les statues de la Marseillaise et de la République» ?

Le roman continue, l’aventure se relance et comme dans toute belle histoire apparaissent alors des personnages clés. Le rêver est une chose, le faire est une autre paire de manches ! Il aura fallu toute la passion, la curiosité et l’obstination de Gino Cortinovis pour retrouver, contre toute attente et c’est ça le roman de la Marseillaise, qu’il existe un moule à Chalons-sur-Marne et une sœur jumelle de la Marseillaise à Riom, ville célèbre de la deuxième guerre mondiale. Je salue fraternellement mon collègue le Maire de Riom qui nous fait le plaisir d’être parmi nous aujourd’hui.

Cher Gino, probablement que nous ne serions pas réunis aujourd’hui sans toi. Je sais que tu as été bien aidé par Jean-Pierre KOSCIELNAK, historien et bâtisseur, dans cette quête. Au nom de la Ville d’Agen, je veux le remercier très sincèrement. Lorsque tu m’as annoncé que vos recherches avaient été fructueuses, ce jour-là nous savions que la Marseillaise allait revenir qu’elle allait reprendre place dans le jardin du Pin et dans le cœur des Agenais. Pour avoir permis que ce rêve un peu fou devienne réalité, pour avoir permis que les Agenais retrouvent leur Marseillaise, nous te sommes profondément reconnaissants. Pour marquer cette reconnaissance, au nom du Conseil Municipal de la Ville d’Agen, je souhaite te remettre avec beaucoup d’amitié et de respect la médaille de la Ville d’Agen.

A travers toi je salue également toutes les bonnes volontés et notamment tes collègues Présidents de quartier qui se sont mobilisés pour que ce beau roman devienne une formidable aventure collective agenaise. Je salue également tous les donateurs qui relaient l’effort financier de la Ville avec l’accompagnement précieux de la Fondation du Patrimoine.

C’est grâce à vous tous que nous pouvons aujourd’hui contempler et aimer la Marseillaise. J’ai la conviction que les Agenais vont l’aimer cette statue. Parce qu’elle est belle. Parce qu’elle exprime l’énergie de la nation lorsqu’ elle se mobilise. Parce qu’elle se dresse pour défendre l’unité nationale et les valeurs de la République. Parce qu’elle porte le nom de notre hymne national.

Elle nous remémore que la Marseillaise est d’abord un chant patriotique écrit par Rouget de Lisle en 1792 trois ans après la Révolution Française. Ce chant patriotique révolutionnaire résonnera dans toute la France. Des quatre coins du pays afflueront des volontaires pour grossir les rangs de l’armée du Rhin en charge de défendre le pays contre l’invasion autrichienne. Ce sont les fameux soldats de l’an 2 qui s’illustrèrent notamment à Valmy, première victoire décisive de l’armée française après la Révolution. C’est en 1879 que la Marseillaise, sous la IIIème République, devient notre hymne national.

C’est un symbole fort que d’accueillir la Marseillaise en ce 14 juillet 2018 avec nos amis allemands de Dinslaken. Oui notre histoire commune a été douloureuse mais depuis maintenant plus de 70 ans l’amitié Franco-allemande est au cœur d’une Europe en paix. Ce bien précieux, Dinslaken et Agen, Michaël Heidinger et moi-même y sommes très attachés. C’est un joli contrepied de ce roman à rebondissements que nos associations militaires soient réunies pour fêter ce retour de la Marseillaise à Agen. Cela aussi fait partie du roman de la Marseillaise que de la recevoir en ce quatorze juillet avec nos amis Allemands à la veille, peut-être, d’une deuxième étoile française.

Quand j’ai su que tu serais là Michaël pour la finale de la Coupe du Monde, j’ai rêvé d’une finale France-Allemagne. Malheureusement, cela ne sera pas le cas demain. L’Allemagne est une grande nation du football, avec 4 titres de champion du monde, vous avez beaucoup d’avance sur nous. Je sais que tu soutiendras avec moi et tous les Agenais les Bleus de France demain à Armandie. Je ne vous racontais pas d’histoires quand je vous disais que ce retour de la Marseillaise à Agen est un vrai roman.

Si comme le disait Aragon, « la lecture d'un roman jette sur la vie une lumière », je pense que le roman de la Marseillaise irradie une belle lumière sur notre ville et sur ce quartier du Pin qui peu à peu se dessine un bel avenir. Il y a toujours un peu de mélancolie lorsque l’on termine un beau roman, mais qui sait, il y aura peut-être une suite, quelque chose me dit que le roman continuera. A nous de l’imaginer ensemble !

Je vous remercie

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