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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Visites « Présidentielles » Agenaises : de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron

Publication : 12/03/2018  |  08:47  |  Auteur : Webmaster

Le Président de la République, Emmanuel Macron, était en visite présidentielle, mardi 6 mars à Agen. J’ai eu la chance de pouvoir l’accompagner pendant l’intégralité de sa visite de 15h30 à 21h30. L’accompagner, c'est-à-dire le voir réagir et par moments (très courts, pour être honnêtes) de pouvoir échanger personnellement avec lui.

En matière de visite présidentielle, j’avais, pour celle-ci, un point de repère : la visite de Nicolas Sarkozy en Lot-et-Garonne le 30 juin 2011. Celle-ci avait été haut en couleurs puisque le Président Sarkozy y avait été agressé par un employé municipal ! (lire la chronique de cette visite http://jeandionis.com/blog/coulisses-visite-nsarkozy-0 )

Rien de cela pour Emmanuel Macron. Mais la comparaison entre les deux hommes et leurs styles sur le même exercice reste pertinente et riche d’enseignements.

Commençons par ce qui les rapproche.

Même vitalité, même capacité relationnelle à se mettre instantanément en empathie avec leurs interlocuteurs (tous deux sont de redoutables « séducteurs professionnels) », même professionnalisme (les notes sur le territoire ont été lues dans l’avion qui les amenaient à Agen) et même hypermnésie (se rappeler des noms des parlementaires, des maires, des sujets qui préoccupent le territoire), tous les deux bénéficient visiblement de mémoire « extra- ordinaires ».

Et maintenant voyons ce qui les sépare.

D’abord, l’écoute.

Sarkozy voulait d’abord convaincre et quand il veut  nous parler, il rassemble 700 élus dans le gymnase de Brax  et il parle, fortement, efficacement.

Mais il parle beaucoup et… écoute peu.

Quand Macron veut échanger avec des élus, il en reçoit 15 (dont votre serviteur)… et il écoute beaucoup et se tait souvent. C’est vrai, j’ai été  impressionné par la capacité de concentration  de notre Président actuel, capable, malgré le divertissement (au sens Pascalien) présent partout, de se concentrer sur l’interlocuteur avec lequel il a décidé d’échanger.  

Ensuite, les cultures qui les structurent.

Sarkozy est d’abord un politique, passionné d’histoire et d’histoire politique plus précisément. Macron a une vraie culture philosophique qui à Agen est apparue comme fondation de son (grand) discours sur le sens de la peine au 21ème siècle prononcé à l’Ecole Nationale d'Administration Pénitentiaire. Ses paroles fortes faisaient clairement écho aux discours prononcés par Michel Serres et René Girard  lors du colloque inaugural de cette même école en 1999.

Et nous, les élus du territoire, dans tout ça ? Nos journalistes locaux nous ont (gentiment) « chambré » sur notre œcuménisme présidentiel (cf l’excellent dessin de Charlie Delta nous caricaturant tous « en prière » devant le Président).

C’est un peu injuste. L’usage d’un accueil républicain veut que l’on mette en sourdine les divergences politiques lors de ce genre de visites. Mais au-delà  de cette courtoisie républicaine, il faudrait un bien mauvais Maire ou Président du Conseil Départemental pour ne pas « enfiler » ses habits de commercial de son territoire-  donc pour moi Agen ! – ce jour-là. J’étais donc présent au rendez-vous avec  nos dossiers « Agenais » : l’extension de l’ENAP, confirmée à Agen et dont la mise en service est prévue pour 2022, la Technopole Agen-Garonne et l’urgence de son échangeur autoroutier immédiatement soutenus par le Président Macron,  l’Ecole Paul Langevin et la position intenable des services de l’Etat sur ce sujet…… bref, j’ai « fait » le Maire.

Ah, la fameuse Ecole Paul Langevin et son terrain Mathieu… J’ai profité de ce dossier – que visiblement connaissait le Président – pour lui demander d’avoir l’audace d’une nouvelle avancée Girondine :  « M. le Président, quand j’étais député, j’ai voté avec enthousiasme les lois dites du Grenelle de l’Environnement. Aujourd’hui, je ne le referai plus. Elles ont accouché d’une terrible machine à contentieux entre l’Etat, responsable de la gestion des risques, et les collectivités territoriales, responsables de l’urbanisme. Osez confier la gestion des risques aux élus locaux y compris en renforçant leur responsabilité en la matière… » Pas facile, pas gagné, c’est vrai. Nous gagnerons, un jour plus proche que certains le croient.

********

Il est d’usage d’offrir un cadeau – symbolique – au Président. Je me suis donc en mis en quête d’une idée symbolique et si possible originale. Le Président de la Chambre d’Agriculture avait préempté les fraises du Printemps. Pruneaux ? Ballon de rugby ? CD Cabrel ? Non, vu et revu.

J’ai alors pensé à la première visite « présidentielle » à Agen. C’était… en 1197 !  le Suzerain de la ville s’appelait Richard Cœur de Lion, fils d’Alienor d’Aquitaine, roi d’Angleterre et Duc d’Aquitaine qui, de passage à Agen, en l’Eglise des Jacobins. Agen ne faisait pas exception au mouvement d’émancipation populaire par rapport au double pouvoir épiscopal et seigneurial qui secouait l’Europe. Les Agenais étaient dans la rue et criaient : « commune !, commune ! »

Richard Cœur de Lion a été à la hauteur de l’évènement. Il a négocié pied à pied avec les représentants de la ville d’Agen et leur a accordé des pouvoirs considérables… la Municipalité d’Agen était née.

J’ai donc décidé d’offrir à Emmanuel Macron la magnifique première page du livre tout en enluminures des Coutumes d’Agen qui relate cet accord historique.

En lui souhaitant la même audace que son illustre prédécesseur…..

Chiche, M. Le Président ?

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