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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

"Nous sommes Charlie ! " : les jours d'après...

Publication : 13/01/2015  |  16:53  |  Auteur : Jean Dionis

Avec l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, puis de la policière de Montrouge, et enfin des quatre clients juifs de l’hyper Casher de Vincennes, la France vient de vivre les attentats terroristes les plus sanglants commis sur le sol national depuis la Guerre d’Algérie. Comme la plupart des citoyens français, nous en sortons profondément troublés par l’irruption de la violence terroriste, chez nous, dirigée clairement contre une de nos libertés fondamentales, la liberté d’expression. Oui, nous avons été meurtris, angoissés, révoltés pendant ces journées longues, glauques, interminables de Mercredi, Jeudi et Vendredi. Et puis nous avons été rassurés par l’efficacité de la réponse policière qui a réussi à mettre hors d’état de nuire les trois terroristes concernés en moins de trois jours. Enfin l’ampleur de la réponse citoyenne au travers de ces marches monstres nous a rendu la fierté d’être Français. Le Président de la République, nos forces de sécurité, les citoyens dans leur immense majorité, se sont mobilisés, dans l’unité, avec sang-froid et courage. Nous n’oublierons pas. Nous sommes Charlie, pour toujours.

Mais, nous allons maintenant rentrer dans une période très douloureuse, celle de l’analyse à froid de la situation, une fois retombée la ferveur de l’union nationale exceptionnelle qui a accompagné ces évènements.

Cette analyse va faire émerger une réalité très dure, très violente : la France est en guerre avec le terrorisme et plus spécialement avec le terrorisme islamiste. Le mot "guerre" est encore discuté dans les médias à propos des évènements de ces derniers jours. Mais, cette dure réalité s’imposera. Resituons ces évènements dans la longue durée. La France est intervenue ou intervient depuis deux ans, en Libye, au Mali, en Irak et en Syrie. A chaque fois, nous le faisons – et nous avons raison, à mon avis, de le faire - avec notre armée, nos troupes d’élite contre différents groupes terroristes islamistes (Al Quaïda, DAECH, etc…..). Cela porte un nom. Cela s’appelle faire la guerre. Et, la conséquence première de cette situation est qu’il faut se préparer à subir là où cela fait mal, c'est-à-dire sur notre territoire national, la réponse armée et sanglante de nos ennemis. Or le peuple français, à l’occasion de ces évènements, découvre que cet ennemi-là dispose de la capacité de nous frapper en France, à Paris, au cœur de la nation.

Et s’il le peut, ce n’est pas seulement qu’il dispose de bases d’entraînement, de financements importants à l’étranger, mais aussi et surtout parce qu’il peut s’appuyer sur des citoyens français en nombre relativement important – Mohamed Merah, les frères Kouachi, Coulibaly sont tous des citoyens français – pour en final perpétrer ces crimes. Soyons clairs. Une telle situation, par sa durée sur plusieurs années, par les forces humaines et matérielles considérables engagées aussi bien par la France que par ses ennemis, mérite qu’on ne fasse pas sur son compte de déni de réalité …..

Cette guerre risque de durer longtemps. Aucune des raisons qui l’ont amenée – intégrisme anti-occidental dans les pays arabes et en France, rôle et responsabilités de la France en Afrique Occidentale, etc…. ne va s’évanouir et disparaitre rapidement. Pensons juste un instant aux treize années de guerre menée avec des moyens considérables en Afghanistan par les Etats-Unis et à la situation très fragile, avec les Talibans aux portes du pouvoir, laissée par ces mêmes américains au moment de leur départ de ce pays.

Alors que faire ? D’abord résister à la tentation trop humaine de répondre à notre colère, à notre chagrin, à nos peurs par la désignation immédiate d’un bouc-émissaire tout trouvé dans ces circonstances, à savoir les musulmans de France. Les mois qui viennent vont être particulièrement dangereux à cet égard et nous devons combattre avec la plus grande vigueur cette peste de la division qui porte en elle les germes affreux de guerre civile. En aucun cas, nos concitoyens musulmans ne peuvent être tenus comptables des atrocités terroristes. Il faut l’affirmer avec la plus grande force.

Faut-il pour autant les exonérer de tout effort spécifique ? je ne crois pas. Ils doivent améliorer la gouvernance de l’Islam de France de manière à ce que celui-ci soit un véritable magistère moral à la fois par le caractère incontestable de sa désignation démocratique et par l’autorité morale de ses représentants. Ils doivent surtout produire un discours de clarification totale par rapport aux discours sectaires et pour tout dire un peu dingues d’appel au Djihad émis à destination des musulmans de France.

Pour le reste, la France va devoir se mettre en guerre contre le terrorisme islamiste. D’abord sur le front extérieur. Dans les jours qui viennent, les questions, toutes plus dures les unes que les autres, vont émerger : « Pourquoi les frères Kouachi étaient fichés, suivis aux Etats-Unis et pas en France ? Pourquoi Hayat Boumédienne, la compagne de Coulibaly a-t-elle pu rejoindre la Syrie début Janvier ? »……Il va falloir faire un travail énorme d’amélioration de nos renseignements. Cela va coûter beaucoup d’argent, prendre du temps, de l’argent et du courage. Mais je suis confiant. Nous allons faire le travail.

Plus compliqué sera le travail social à faire à destination des jeunes français actuellement sensibles aux discours de propagande islamistes. Nous avons abandonné tout discours répondant à la quête de sens de la vie, laissant le champ libre aux discours haineux, sectaires et fous des islamistes. Il va falloir reparler, avec nos jeunes, sens de la vie, projets, sagesse….Il va falloir aussi tenir bon sur la priorité à l’emploi des jeunes qui doit redevenir une de nos priorités, si l’on veut les vacciner contre les discours aussi fous que faciles des sergents recruteurs du Djihad.

Enfin, il est probable que cette guerre dure. Il nous faut donc mentalement nous préparer à combattre dans la durée. Les Anglais dramatiquement seuls au début de la 2ème guerre mondiale contre l’Allemagne Nazie et ses alliés qui collectionnaient les victoires, n’avaient qu’une réponse à la question de l’attitude à tenir pendant la guerre : « Keep Calm and carry on ! ». « Restez calme et continuez notre chemin », sans jamais faire le cadeau politique de la désorganisation et de la panique aux terroristes. C’est, de toute évidence, la bonne réponse citoyenne.

La France, vieux peuple démocratique qui en a vu d’autres, saura se mettre en résistance dans la durée.

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