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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Macron : maintenant, on sait... (ou presque)

Publication : 08/01/2018  |  12:00  |  Auteur : Webmaster

Le 26 juin dernier, soit deux petits mois après l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République, j’exprimais ma perplexité par rapport à notre Président dans une chronique (http://jeandionis.com/blog/noel-on-saura).  J’y disais aussi ma certitude que le doute se lèverait vite et qu’à Noël, on saurait…

Il n’est pas inutile de se relire pour se replonger dans notre état d’esprit postélectoral :

« Emmanuel Macron reste pour moi un mystère. ..../…  Nous verrons bien et nous allons voir vite. Emmanuel Macron sait qu’il doit impérativement réussir son début de mandat. C’est une fenêtre de tir unique pour faire passer au Parlement et au Pays les réformes douloureuses et indispensables au redressement national. C’est pour cela qu’il veut travailler par ordonnance… notamment sur la réforme du code du travail.

Il lui faudra aussi franchir l’épreuve budgétaire et donner à notre pays sa loi de finances 2018 – au plus tard au mois de décembre et ceci dans un contexte de  finances publiques particulièrement dégradé.

 A Noël, on saura... »

Noël est passé. Osons faire un bilan des six premiers du Président. Pour cela, commençons notre bilan avec les deux tests annoncés en juin : la réforme du Code du travail et la loi de Finances  2018.

La réforme du code du travail est clairement à mettre à son actif. C’était une réforme politiquement très difficile à faire. Sarkozy avait renoncé à la faire et Hollande s’y était planté avec sa loi El Khomri. Macron y a indiscutablement réussi. Utilisant efficacement sa légitimité postélectorale très forte pour légiférer par ordonnance, habile négociateur avec les partenaires sociaux, Macron a clairement enregistré là sa première vraie réforme structurelle. Dont acte, sur ce sujet, même Mélenchon reconnait : « C’est Macron qui a le point ».

Et la loi de Finances 2018 ? Là, le bilan est nettement plus controversé : le projet de loi de finances pour 2018 s’appuie sur une prévision de croissance de 1,7% pour l’année 2018 et prévoit de ramener le déficit public à 2,6 % du PIB soit 82,9 milliards d’euros.

Les Les principales mesures fiscales du projet de loi sont les suivantes :

  • hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7% sauf pour les retraités ayant un revenu fiscal de référence inférieur à 14 404 euros par part ;
  • suppression, en deux temps au cours de l’année 2018, des cotisations salariales maladie et chômage (suppression de la contribution exceptionnelle de solidarité pour les agents publics) ;
  • pour 80% des ménages, réduction d’un tiers de la taxe d’habitation en 2018, première étape vers sa suppression dans les trois ans ;
  • instauration d’un prélèvement forfaitaire unique de 30% (flat-tax) pour les revenus du capital, intégrant à la fois l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux ;
  • suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune et création de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ;
  • réforme des aides au logement et des règles de fixation des loyers dans le parc locatif social.

Pour les entreprises, les principales mesures sont :

  • transformation progressive du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en allègement de cotisations patronales ;
  • réduction progressive du taux d’impôt sur les sociétés (de 33,33% à 25% en 2022) ;

Bien sûr, il y a objectivement du bon dans ce budget. Qui se plaindra de la suppression de l’usine à gaz du CICE et de son remplacement par la suppression des cotisations chômage et maladie ?

Mais, des critiques fortes peuvent lui être adressées.

D’abord, ce n’est pas un budget de redressement national. Le déficit de l’Etat qui avait été constaté à 69, 1 milliards d’euros en 2016, qui est attendu à 76,3 en 2017, est budgété à 82 milliards en 2018.

Pourquoi ? Notamment à cause de la baisse des prélèvements obligatoires (taxe d’habitation, etc…). Bref, ce budget est bizarrement « keynésien » : on creuse un peu plus le trou du déficit de l’Etat pour donner un peu de pouvoir d’achat aux ménages, en vue d’une bien hypothétique relance par la consommation… vieux schéma bien aléatoire.

Ensuite, c’est un budget qui favorise clairement « les premiers de cordée » (allégement de l’Impôt de solidarité sur les fortunes, flat-taxes sur revenus du capital...).

Enfin, c’est un budget de recentralisation et de perte d’autonomie des collectivités locales (avec l’incroyable suppression de la taxe d’habitation et l’assèchement des capacités financières des bailleurs sociaux)  

Résumons-nous sur la Loi de Finances 2018 :  Réserves.  Macron n’est pas – en tout cas, pas encore - le Gerhardt Schröder français.

Donc, maintenant nous savons. Brillant et courageux sur la loi travail, confus sur la loi de Finances 2018. Macron est un libéral… complexe. Tant mieux en ce qui me concerne…

A ce propos, je me rappelle le bon mot de Jean d’Ormesson (19-04-2016): “Entre l’électeur de droite et l’électeur de gauche qui votent pour MACRON, l’un des deux sera, forcément, cocu. Mais toute l’intelligence de MACRON est de faire croire que ce sera l’autre et inversement » .

A la lecture du bilan de ces 6 premiers mois, J’ai l’impression que le cocu est plutôt l’électeur de gauche qui a voté pour lui. Mais me direz-vous, c’est son problème.

Quant à moi, ne lui devant absolument rien puisqu’il a contribué significativement à ma défaite aux dernières élections législatives, j’éprouve, vis-à-vis de notre jeune Président, une liberté critique à laquelle je tiens plus que tout, tellement me semble peu enviable le sort de tous les cireurs de pompe ou de tous les détracteurs systématiques.

Mais alors, à la fin des fins me direz-vous ? Vous êtes pour ou contre ? Allez, on se mouille, plutôt pour, librement pour. Pourquoi, me direz-vous encore ? Votre bilan est pour le moins contrasté. Mais, il n’y a pas que la loi Travail et la loi Finances dans la vie, même si ce sont de bon tests. Cela fait du bien d’avoir un Président pro-Européen, d’avoir un président avec de la tenue et de la culture. Cela aussi, ça compte 6 mois après… Macron ne marchera pas sur l’eau. Mais il peut faire – enfin – un bon Président. Accordons-lui donc un soutien libre, critique et renouvelable.

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