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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Chronique Andalouse

Publication : 12/09/2022  |  15:20  |  Auteur : Webmaster

Nous sommes donc partis cet été, à la fin du mois d’août, avec ma femme, vers l’Andalousie.

Nous avons construit un itinéraire qui est celui du tourisme de masse : Séville, Cordoue, Grenade… La seule originalité est un crochet par Barcelone pour voir notre fils Bruno qui y réside avec sa compagne et notre petite fille.

Barcelone après l’Andalousie, passionnant. J’y reviendrai….

 

  Pourquoi l’Andalousie ?  

Parce qu’elle a fait rapidement consensus entre ma femme et moi, ce qui est important et pas si évident. Mais en ce qui me concerne, j’avais, enfoui au plus profond de moi-même, un désir de voir, voir cette région et sa beauté qui appartient au patrimoine universel : la cathédrale de Séville, la mosquée cathédrale de Cordoue et bien sûr, l’Alhambra de Grenade. Oui, le désir de me confronter physiquement, en « présentiel » à cette beauté-là a clairement été le moteur de notre voyage.

 

L’autre moteur, c’était l’Histoire.

L’Histoire fascinante de ce Sud de l’Espagne occupé pendant un peu moins de 800 ans (711-1492) par les Arabes en présence de la plus importante communauté juive du Moyen-Âge. Cette histoire faite de coexistence entre Musulmans, Juifs et Chrétiens, de convivialité, d’une fécondité artistique extraordinaire (800-1100) et, puis au final, d’affrontements militaires avec les arabes (la Reconquête) et d’expulsion dramatique des Juifs hors d’Espagne en 1492, cette histoire-là me passionne car elle a une résonance éminemment moderne.

Alors avant de dire mes impressions de voyageurs, il faut humblement les situer.

Mon carnet de voyage, mon blog, n’ont strictement aucune valeur d’analyses ou de documentaires. Leur seul intérêt est la confrontation entre mon parcours de vie personnelle, ce que je suis et la réalité que j’ai découverte de l’Andalousie.

 

 Alors, la fameuse beauté enivrante de l’Andalousie ? 

Eh bien, je confirme. J’avais pris rendez-vous avec la beauté et la beauté Andalouse était là.

 

Beauté d’abord de ses paysages et de ses couleurs espagnoles sublimes, celles que j’attendais avec ces collines jaune paille, le vert foncé de la végétation méditerranéenne qui résiste à la chaleur, cet azur lumineux et ce blanc des murs villageois et celles que je n’attendais pas, l’ocre du sable andalou et de ses arènes, le bleu de l’eau (car grâce à la Sierra Nevada, il y a de l’eau en Andalousie!) comme celle du Guadalquivir à Séville.

 

Beauté ensuite de son patrimoine.

D’où vient-il ce patrimoine incroyable ? Il vient de cette histoire évoquée ci-dessus et de son prolongement aux XVIème et XVIIème siècles, siècles d’or espagnols. Le saviez-vous - Je vous décontracte, j’étais passé à côté - ? Cordoue au Xème siècle comptait un million d’habitants et était la plus grande ville d’Europe et Séville fut la capitale économique du monde occidental (la ville de New York de ces années-là) des XVIème et XVIIème siècles, celle de la conquête du Nouveau Monde et de l’Empire de Charles V et Philippe II.

 

Et la Mosquée-Cathédrale de Cordoue, l’Alhambra de Grenade et la Cathédrale de Séville sont les grands témoins de cette grande Histoire où le respect des prédécesseurs imposait de ne pas détruire, mais avec la volonté farouche de faire mieux, de faire plus…

 

Ces lieux magiques, nous les avons tous plus ou moins en mémoire. Notre société de l’image est passée par là. Mais y être… confronté, subitement aux dimensions titanesques comme au raffinement extrême, comprendre la volonté de leurs bâtisseurs (à Séville : « Nous allons faire une Église si grande que celles et ceux qui y rentreront, penseront que nous étions fous »). Y être, c’est vraiment une expérience autrement plus riche.

 Finalement, que nous enseigne l’Andalousie d’hier et d’aujourd’hui ? 

J’en retiendrai trois leçons personnelles complètement différentes.

La première leçon est climatique.

Elle concerne clairement l’adaptation à la chaleur, forcément utile en ces temps de réchauffement climatique. Les Andalous ont quelques siècles d’avance sur nous dans ce domaine : Horaires décalés le matin et le soir, la sieste de 14h00 à 17h00, des jardins magnifiques où les arbres, plantés il y a cent ans et l’eau sont complices pour nous apporter la fraîcheur en ville, rues piétonnes et étroites pour être à l’ombre la plus grande partie de la journée. Bref, un art de vivre qui doit clairement nous inspirer même si nous devons nous rappeler que « pour faire un arbre, mon Dieu que c’est long ».

La deuxième leçon est politique.

Elle m’est apparue avec force en comparant Barcelone et Séville, Catalogne et Andalousie. Encore une fois, ces remarques ont toutes les limites faites de manière liminaires. Mais à Barcelone, j’ai surtout vu un nationalisme catalan vivace qui cherchait son chemin au sein de l’Histoire Espagnole. J’ai vu 500 000 personnes dans la rue le jour de la Catalogne et pas l’ombre d’un drapeau Espagnol. C’est une toute autre histoire que j’ai vue à Séville où le drapeau Espagnol est partout y compris sur les fenêtres de maisons individuelles. Séville s’assume Andalouse Et Espagnole lorsque Barcelone se veut Catalane. Je me permets de penser que Séville est plus ouverte à la modernité qui nous a appris que les identités sont meurtrières lorsqu’elles sont exclusives.

La troisième est philosophique.

Dans notre chambre à Cordoue, au-dessus de nos lits, il y avait, affichée, une des pensées de Maïmonide, grand philosophe Juif Cordoban (1135- 1204) : « Aujourd’hui, j’ai pu me croire sûr de ma connaissance et demain, obtenir la lumière qui me permettra de reconnaître l’erreur. Parce que rien n’est définitif devant l’avancée continuelle de l’Histoire et de la science ». La recherche de la vérité équilibrée par le doute et l’humilité, et donc par l’écoute de l’autre, quelle leçon !

Je sais que l’histoire et l’unité Espagnoles se sont construites autour de la foi chrétienne et qu’elles sont passées par l’expulsion dramatiques des juifs et des arabes. Je respecte cette immense histoire telle qu’elle fut. Mais l’Andalousie témoigne que la beauté et la prospérité ont atteint des sommets lorsque Chrétiens, juifs et Arabes avaient accepté de vivre ensemble et de s’écouter. Eh bien, je crois que cette laïcité andalouse est sacrément moderne.

 

Que ce soit par sa beauté, ses couleurs, son patrimoine, l’Andalousie vous parlera, comme elle me l’a fait, au creux de l’âme… Allez-y ! 

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