Le site officiel
Actualités

› Voir toutes les actualités

Toute l'actualité de Jean Dionis

Conseil Régional : Motion "Loi programme Forêt" proposée par Jean dionis et adoptéee

Publication : 08/11/2026  |  15:37  |  Auteur : Webmaster

Motion présentée par les élus du groupe Centre et Indépendants

CONSEIL RÉGIONAL DU 12 OCTOBRE 2026

MOTION POUR UNE LOI D’ORIENTATION ET DE PROGRAMMATION POUR LA FORÊT

Monsieur le Président,

L'été 2026 a fait entrer la forêt des Landes de Gascogne dans l'ère des mégafeux.

Longtemps, la France a regardé les grands incendies comme des catastrophes venues d'ailleurs : la Californie, l'Australie, le Canada, la Grèce ou le Portugal. Cette illusion s'est effacée sur notre propre territoire.

Un drame humain

En Gironde, le 21 juillet, deux sapeurs-pompiers sont morts en combattant le feu aux abords de l'aéroport de Mérignac ; quatre soldats du feu ont perdu la vie en France depuis le début de l'été. Lors du feu de Saumos, plus de 200.000 personnes ont été évacuées et plusieurs centaines de maisons brulées. Dans les Landes, plus de 23 000 personnes ont été évacuées dès le 24 juillet à Biscarrosse et Parentis-en-Born puis à Luglon. 200 bâtiments été touchés. Notre gratitude envers la première ligne est immense ; elle ne nous dispense pas de regarder en face les difficultés qu'elle a rencontrées.

Un drame écologique.

La préfecture de la Gironde estimait le 30 juillet la surface brûlée à 42 000 hectares. Un mégafeu, ce sont des millions de tonnes de CO2 qui renforcent le réchauffement, et un écosystème, faune et flore, brutalement fragilisé.

Un drame économique.

Nos territoires touristiques, industriels et forestiers leurs entreprises et leurs salariés ont été durement frappés en pleine saison.

Le dérèglement climatique modifie la fréquence, l'intensité et la géographie des feux. Sécheresses plus longues, canicules plus précoces, vents violents et végétation asséchée allongent une saison qui peut désormais courir du printemps à l'automne. La question n'est plus seulement d'éteindre plus vite, mais d'éviter que chaque été transforme nos forêts, nos villages et nos paysages en poudrières. La loi du 10 juillet 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre le risque incendie a constitué une étape utile. Mais aucune mesure isolée ne suffira : ni seulement plus de Canadair, ni seulement plus de débroussaillement, ni seulement plus de réglementation. Il faut une addition cohérente de réponses, portée par un seul texte et une trajectoire financière pluriannuelle.

Trois chantiers s'imposent.

1. Prévenir autant que combattre.

La doctrine française de l'attaque des feux naissants atteint ses limites lorsque plusieurs incendies puissants éclatent simultanément. Il faudra renforcer les moyens de lutte, mais surtout financer la prévention, car prévenir coûte moins cher que reconstruire : pistes entretenues, cartographie des zones à risque, contrôle du débroussaillement, équipement des communes, anticipation des évacuations. La prévention et la lutte contre les incendies reposent également sur une coopération étroite et permanente entre les acteurs de la DFCI, les élus et les services d’incendies et de secours. Cette coordination, fondée sur la connaissance du terrain, l’anticipation des risques et la complémentarité des interventions est essentielle pour mieux préparer les départs de feu, protéger les populations et renforcer l’efficacité de la lutte contre les incendies. Une véritable culture du risque doit accompagner ces efforts.

2. Cesser de produire de nouvelles vulnérabilités.

Nous avons construit au plus près des massifs et multiplié les zones résidentielles en lisière. La loi Barnier et les plans de prévention des risques ont appris à la France qu'en zone inondable, il faut cartographier, réglementer, parfois interdire de construire. Cette lucidité doit désormais valoir face au feu : rendre possibles et effectives les obligations de débroussaillement, cesser d'ajouter des lotissements là où la lisière devient ligne de front, garantir les accès des secours.

3. Gérer la forêt avec intelligence.

Des forêts homogènes, fragilisées par la sécheresse ou les maladies, forment des masses combustibles continues. Des paysages diversifiés, essences adaptées, feuillus, espaces agricoles, clairières, coupures de combustible, lagunes, résistent mieux. La forêt de demain ne pourra plus être la forêt d'hier replantée à l'identique ; propriétaires, communes, agriculteurs et filière bois doivent être accompagnés, sans opposer biodiversité et protection contre le feu. Cela suppose également de renforcer les partenariats entre agriculteurs et forestiers, au service d'une meilleure gestion des espaces et de la prévention des risques, tout en préservant le rôle économique majeur de la forêt et de la filière bois, créatrices d'emplois et de richesses dans nos territoires.

Ces chantiers appellent une double lucidité.

Budgétaire, d'abord : il n'y aura pas de priorité durable à l'adaptation sans redressement des finances publiques, ce qui plaide pour une programmation sincère plutôt que pour des annonces.

Européenne, ensuite : aucun pays ne peut dimensionner seul ses moyens pour l'été le plus extrême, et la solidarité continentale, déjà éprouvée avec rescEU, doit servir à prévenir autant qu'à éteindre.

Le groupe Centre et Indépendants au Conseil régional réuni en séance plénière :

- Demande au Président du Conseil régional de saisir le Premier ministre afin que le Gouvernement dépose, avant l'été 2027, un projet de loi d'orientation et de programmation pour la forêt et la résilience face aux mégafeux, au sens de l'article 34 de la Constitution, soumis pour avis au Conseil économique, social et environnemental.

- Demande que ce texte comporte une trajectoire pluriannuelle chiffrée couvrant la prévention, les moyens de lutte, l'adaptation de l'urbanisme en lisière forestière et la reconstitution de forêts diversifiées.

- Adopte, au titre de l'article L. 4221-1 du CGCT, la proposition d'associer pleinement les régions à cette loi, en cohérence avec leurs compétences en matière de filière forêt-bois, d'aménagement et de fonds européens, et charge le Président de la transmettre au Premier ministre, au préfet de région et aux présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat.

- Invite les parlementaires néo-aquitains à porter cette demande et, à défaut d'initiative gouvernementale, à déposer une proposition de loi transpartisane. - Demande au Président de porter au niveau européen le renforcement de rescEU vers la prévention.

Réagir à cet article

Filtered HTML

  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <blockquote> <ul> <ol> <li> <p> <br>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.