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Région Nouvelle-Aquitaine : Pourquoi nous avons voté contre l'avis Etat/SNCF

Publication : 20/06/2026  |  16:16  |  Auteur : Webmaster

Intervention Jean Dionis

Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine

Séance plénière du Lundi 14 Juin 2026

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Nous voterons contre cet avis.Nous l’avons eu tardivement. mais nous l’avons travaillé en profondeur et nous ne pouvons pas cautionner ce rejet à la fois archaïque et irresponsable 

1 - Contre parce que l’avis ne prend pas en compte la situation financière de l’Etat :

Non pas parce que nous considérons que le projet de contrat de performance entre l’État et SNCF Réseau est parfait. Non pas parce que nous ignorons les difficultés rencontrées par les lignes de desserte fine du territoire. Mais parce que l’avis qui nous est proposé ne nous paraît ni suffisamment équilibré ni suffisamment en phase avec les réalités financières auxquelles notre pays est aujourd’hui confronté.

D’abord, il faut reconnaître un fait : ce contrat marque un effort inédit de l’État en faveur du ferroviaire. La Région elle-même rappelle dans son avis que, depuis les années 1970, le manque d’investissements significatifs de l’État a contribué à la dégradation progressive du réseau ferré national.

Or aujourd’hui, l’État prévoit 1,5 milliard d’euros supplémentaires par an à compter de 2028 pour la régénération et la modernisation du réseau. Cet effort sera en outre indexé sur l’inflation afin de garantir sa pérennité. Nous pouvons toujours considérer que cela n’est pas suffisant, mais nous ne pouvons pas faire comme si cet engagement n’existait pas.

Dans un contexte où la dette publique dépasse les 3 400 milliards d’euros et où les marges budgétaires sont extrêmement contraintes, cet investissement mérite d’être salué.

Pour autant, cela ne signifie pas que nous partageons tous les choix retenus par l’État.

Nous comprenons parfaitement les inquiétudes exprimées concernant les lignes de desserte fine du territoire. Nous partageons même une partie de ces préoccupations. Oui, nous pouvons regretter que les investissements supplémentaires soient aujourd’hui prioritairement orientés vers le réseau structurant le plus circulé. Oui, nous pouvons considérer que certaines lignes essentielles à la cohésion territoriale mériteraient davantage d’attention.

Mais nous devons également regarder la réalité en face. Lorsque les moyens sont limités, des choix de priorisation sont inévitables. L’État a fait le choix de sécuriser en priorité le réseau structurant afin d'éviter une dégradation généralisée du système ferroviaire national. Ce choix peut être discuté, mais il n’est ni incohérent ni illégitime au regard de la situation financière actuelle.

Et il faut aller jusqu’au bout de cette discussion, Pour être citoyen et élu néo-aquitain, nous sommes d’abord des citoyens français.

Etre citoyen Français, ç’ est affirmer notre attachement à un État fort, en bonne santé financière, car porteur des services publics essentiels de notre pays : la défense, la sécurité, la santé publique, l'éducation nationale, la justice...  et Il faut être clair: les finances publiques de l'État sont la cause majeure de nos problèmes, même si, bien sûr, des progrès sont à faire, des réformes structurelles sont et seront en permanence à mener, comme dans chaque organisme vivant.



L'État, c'est un des biens communs de notre nation et il est temps, grand temps, d'être sérieux dans la correction progressive mais déterminée de la trajectoire financière de l'État.



Je n'en peux plus d'un État financièrement fragilisé, de professeurs des écoles sous-payés, de nos hôpitaux en déficit permanent, d'une justice sous-financée par rapport à nos voisins européens.



Pas d'amélioration de nos services publics essentiels sans redressement des finances de l'État.

La deuxième raison de mon soutien à un effort de redressement de l'État est le refus absolu de mettre un fardeau financier et fiscal excessif sur les épaules de nos enfants et petits-enfants.



Qui sommes-nous si nous acceptons de financer notre niveau de vie actuel par des jours difficiles, voire de souffrance, de nos enfants ? « aucune famille ne ferait cela ».

Votre avis est d’avoir une position maximaliste qui renvoie toute la responsabilité et tout le coût à l’Etat. C’est une réaction archaïque et irresponsable . 

2- Contre car cet avis se trompe de calendrier 

Par ailleurs, la Région continue de réclamer un effort de 2,5 milliards d’euros supplémentaires par an. C’est une ambition que nous pouvons partager. Mais il ne faut pas oublier que cette proposition est directement liée aux recettes attendues de la fin des concessions autoroutières.

Or ces concessions arrivent à échéance en 2032, c’est-à-dire précisément après la période couverte par le présent contrat de performance 2024-2033.

Autrement dit, le véritable rendez-vous pour atteindre cet objectif de 2,5 milliards d’euros par an est devant nous. C’est à l’occasion du prochain contrat de performance et grâce aux nouvelles ressources qui découleront de la fin des concessions autoroutières que nous pourrons franchir cette nouvelle étape.

3 - Nous voterons contre, car cet avis ne tient pas compte de notre pratique de la Région dans les contrats de Plan-Etat Région

Quelle est la rationalité d’un avis qui refuse de partager le coût de la maintenance des lignes de desserte fine avec l’Etat dans le contrat de performance et qui se prépare à partager ces mêmes coûts dans les contrats de plan Etat-Région .(j’ai dans les mains la page des lignes de desserte de fonctionnement : Régional : 60 % d’Angoulème-beillant, 60% pour Brive-Ussel) soit 339,69 M€ pour la période 2021-2027 

Le voilà : le vrai rendez-vous, celui du prochain Contrat de Plan État-Région =. C’est dans ce cadre que devront être défendues et négociées les lignes de desserte fine du territoire et les projets ferroviaires régionaux qui constituent l’ossature de la mobilité du quotidien.

Et à cet effet, nous vous exprimons, monsieur le Président une demande urgente : celle de disposer d’une véritable programmation pluriannuelle des investissements ferroviaires (incluant les grands projets, tels LNSO, le réseau structurant, dont les SERM et le réseau de desserte fines, l’achat des véhicules maintenance, etc…). Les infrastructures ferroviaires ont besoin de visibilité. Les collectivités ont besoin de visibilité. Les usagers ont besoin de visibilité.

En conclusion, cet avis ne reconnaît pas suffisamment l’effort exceptionnel engagé par l’État, même s’il demeure perfectible mais nous estimons qu’elles doivent être appréciées au regard du contexte budgétaire national.

C’est pourquoi nous voterons contre cet avis, car il se trompe de calendrier . Le pays ne bénéficiera de la recette des concessions autoroutières qu’au delà de la période concernée par la période du contrat de performance.

Enfin, nous voterons contre car il est en contradiction frontale avec les pratiques de la région dans les CPER.

 

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