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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Grand débat national : pourquoi j’y crois.

Publication : 07/01/2019  |  15:04  |  Auteur : Jean Dionis

Ca y est ! Les contours du grand débat national promis par le Président de la République se précisent enfin. Nous savons maintenant qui en sera l’organisateur. Et c'est la CNDP (Commission national du débat public) et sa présidente, l'ancienne ministre Madame Chantal Jouanno, qui sont à la manœuvre et c’est a priori un bon choix, légitime et naturel.

Le calendrier lui aussi se précise : le coup d'envoi de cette vaste consultation approche à grands pas. Ce grand débat national, qui devait démarrer initialement en décembre, sera finalement lancé le 15 janvier pour se terminer le 15 mars.

Enfin, on y voit (un peu plus clair) sur le contenu, les formats et le déroulé de ce grand débat.

Concernant les thèmes abordés, le gouvernement en a identifiés quatre : la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté et pour finir l'organisation de l'Etat et des services publics. Mais les discussions pourraient être plus larges. « Chacun sera libre de débattre du thème qui lui tient à cœur. Et nous rendrons compte de tout » promet Chantal Jouanno dans le Journal du Dimanche du 6 janvier dernier.

Sur la forme, le grand débat national devrait se dérouler selon plusieurs formats. Une plateforme numérique dédiée sera lancée par la CNDP le 15 janvier. Celle-ci permettra de recueillir des contributions mais fournira également un « kit de méthodologie » à chaque organisateur de débat. L'organisation d'une réunion locale nécessitera ainsi de la déclarer au moins sept jours avant sa tenue et de préciser les horaires et lieux ainsi que le nombre de participants. Des conseils sur le déroulement du débat dont « l'animation doit être neutre » seront également donnés. A l'issue de ces réunions locales, des propositions et un compte-rendu seront envoyés à la CNDP. Mais les contributions des citoyens pourront également être recueillies sur les marchés, dans la rue, via des « stands mobiles » et des conférences de citoyens au niveau régional réuniront des personnes tirées au sort.

Enfin, dans la dernière ligne droite de cette vaste consultation qui doit se terminer le 15 mars, des citoyens là encore tirés au sort ainsi que des représentants de la société civile prendront part à quatre « ateliers nationaux » et voteront alors sur des propositions (voir les détails sur https://www.gouvernement.fr/le-grand-debat-national ).

Ouf ! ok fort bien…

Reste une série de questions qui nous taraudent tous : est-ce que cela va marcher ? La participation citoyenne sera-t-elle bien au rendez-vous ? Ce débat sera-t-il utile ? Et le gouvernement en tiendra-t-il compte ?

Est-ce que cela va marcher et la participation citoyenne sera-t-elle au rendez-vous ?

Comme les autres, je n’en sais rien. Mais je le souhaite vivement et, là où je vis, à Agen, dans cette France périphérique qui est au cœur du débat lancé par « les Gilets jaunes », je ferai tout ce que je pourrai pour le faciliter.

Car, au point où le pays en est de cette crise, il va bien falloir en sortir. Et de sorties envisageables, il ne faut pas se payer de mots, il n’y en a que deux possibles : soit par la violence, soit par la politique et la démocratie.

Je répète que je m’opposerai de toutes mes forces à toute issue violente de ce conflit qui bafouerait nos institutions et notre démocratie républicaine et le déroulement du dernier acte VIII ne m’a absolument pas rassuré. La violence pave le chemin vers des régimes d'abord autoritaires, puis finalement totalitaires et vers l’affrontement d’une partie du pays contre une autre. Il est donc plus que temps que la violence ordinaire de chaque acte, de chaque samedi prenne fin.

Il reste que le mouvement des « Gilets jaunes » a posé deux questions centrales : la question du partage de l’effort fiscal dans ce pays et celle de l’amélioration de notre démocratie. Et il faudra bien y répondre.

Mais d’un autre côté, les Gilets jaunes doivent entendre que ce sont deux questions complexes auxquelles il n’existe pas de réponses satisfaisantes prêtes à être appliquées sur le champ. Michel Serres, dans l’entretien qu’il a donné récemment à la Dépêche (lire https://www.ladepeche.fr/article/2019/01/04/2934979-exclusif-michel-serres-personne-sait-comment-sortirons-crise-gilets-jaunes.html ), nous prévenait : « Mais tout le sujet est de savoir quelle est la politique que l’on peut inventer par rapport à ces bouleversements. Or, il n’y a pas de réponse à cette question fondamentale, ni chez les responsables politiques, ni chez les philosophes».

Donc, il va nous falloir débattre, chercher, tâtonner, innover. Ensemble. Et c’est la vraie raison d’être de ce débat.

Mais, me direz-vous : « Jean, quelles décisions après tout ce grand chambardement ? ». Et c’est effectivement le nœud de cette démarche. Je vais vous surprendre, mais je suis optimiste quant à la suite que le Président de la République, Emmanuel Macron et le gouvernement donneront aux principales conclusions.

J’ai passé l’âge de la naïveté et je crois qu’effectivement ce débat va peser sur la politique qui sera conduite dans la deuxième partie de ce mandat présidentiel.

D’abord, parce que ce gouvernement a été secoué en profondeur par une crise qu’il n’a pas vu venir et qu’il veut sincèrement en sortir.

Ensuite, parce qu’à partir de 2019, nous rentrons dans un véritable tunnel électoral (Européennes en 2019, Municipales en 2020, Départementales, Régionales, Sénatoriales en 2021, et enfin Présidentielles et Législatives en 2022). Si, par malheur ou par surdité politique, le gouvernement ne tenait aucun compte de l’expression citoyenne lors de ce débat, alors, à juste titre, les électeurs le sanctionneraient durement et justement.

Alors, on y plonge dans ce débat ? On y plonge… A Agen, nous avons plusieurs bonnes «pistes» pour l’animer : débats citoyens sur les 4 thèmes nationaux, assemblée générale extraordinaire de tous les maires du Lot-et-Garonne, séance extraordinaire du Conseil Municipal d’Agen, etc…

Nous attendons et faciliterons toutes vos suggestions tant qu’elles seront respectueuses de cet esprit de débat démocratique que nous devons avoir en partage…

Au travail, citoyens !

 

Les réactions

Quand on pense que parallèlement à cette répression sans précédent depuis les décennies par son ampleur et sa violence les sinistres amateurs fantaisistes qui gouvernent la France envisagent très sérieusement d'organiser un "grand débat national" on reste interdit,abasourdi face à tant de mauvaiseté et d'imbécilité.En effet,avec le plus grand sérieux,ce gouvernement fantoche demande aux citoyens et citoyennes de ce pays d'adresser leurs doléances à leurs maîtres afin qu'ils en prennent connaissance comme durant la période prérévolutionnaire.Il faut rappeler aux ignares qui prétendent "diriger" notre pays que la France n'est plus une monarchie et que nous ne sommes pas sujets de sa majesté.C'est pourquoi le "grand débat national" annoncé avec fracas et au moyen d'une grotesque médiatisation peut d'ores et déjà être considéré comme une énième tentative d'enfumage pour faire diversion,pour gagner du temps.La prévisible pantalonnade qui se profile ne peut en aucun cas se substituer à une réelle consultation des Français dans les urnes (référendum)sur la politique économique et sociale menée par ce gouvernement et les précédents.Dans le cas contraire les contestations s’étendront au point de paralyser le pays.Sans cette mobilisation massive ce gouvernement autoritaire dont la légitimité est de plus en plus sujette à caution (réellement soutenu par 6 % des votants selon un récent sondage !) continuera à imposer par la force ses « réformes » nocives dont le peuple ne veut pas.

           Il semblerait que quoique fasse le gouvernement, tout est perdu d’avance aux yeux des gilets jaunes . Il semblerait aussi que, à part certaines revendications légitimes, toute proposition ne sera jamais satisfaite.

Le malaise semble venir de plus loin, au-delà des conditions matérielles, mais plutôt du côté d’un certain « mal être » issu d’une société devenue très matérialiste au détriment de « l’humain ».

Le témoignage des gilets jaunes qui ont vécu sur les ronds-points le disent :

« Vie plus fraternelle, faite de solidarité et d’amitiés », éléments essentielles de la vie humaine qui ont presque disparu de notre société devenue très indépendante, autonome et finalement sans âme .La campagne se désertifie, le village n’a plus de poste, de boulangerie ou commerces qui pourraient créer des rassemblements et rencontres.

 On pense que le pouvoir d’achat va résoudre les problèmes mais j’ai bien peur que non. Se faire plaisir par de l’apport matériel ne dure qu’un instant et n’est jamais vraiment satisfaisant…il faut toujours plus…Par contre, la vie qui rassemble et qui est source de créativité et d’échanges est beaucoup plus satisfaisante, constructive et épanouissante pour l’être humain.

Dans les manifestations, on voit beaucoup de retraités…Personnellement, je suis à la retraite et je suis veuve. Je m’occupe d’un repas fraternel que nous avons mis sur pieds et qui a lieu tous les mois dans notre ville, je travaille aussi pour les malades du Congo-Brazzaville et je mets très peu les pieds dans les magasins, juste pour la nourriture et quelques vêtements nécessaires, ainsi, je dépense très peu et ce qui m’ enrichit le plus, c’est de faire du bénévolat au service des autres.

Et si des personnes pouvaient se porter volontaires dans chaque commune pour être au service des plus pauvres, des plus démunis ou tout simplement pour faire des rencontres fraternelles, quel enrichissement personnel ! On verrait plus de sourires sur les visages…et moins de personnes sur les ronds-points !

La classe politique : pourquoi je n’y crois pas.

Revenant sur un de vos anciens messages, je veux marquer ma grande tristesse de constater que vous, déclaré homme de Droite, ne rejetez pas l’idée de revenir sur l’ISF ; cet horrible et inutile impôt, uniquement démagogique, propre à la France, qui rapportait 3 à 4 milliards d’euros par an alors qu’on a la certitude qu’il a entraîné l’évasion de plus de 100 milliards d’euros avec les conséquences, en termes d’emplois et de rentrées fiscales qu’il est facile d’imaginer.

Quelle tristesse à nouveau de lire, dans la lettre ci-dessous, ces lignes « pro débat national » chez un homme de Droite, alors que chacun sait que ce débat n’est qu’un leurre, qu’une manoeuvre dilatoire ; alors que chacun a bien entendu le gouvernement affirmer qu’il ne changerait pas de cap. De plus, qu’il est pratique pour le gouvernement de laisser ce débat à la charge des maires qu’il a précédemment largement ignorés, critiqués, dévalorisés ; j’entends déjà qu’ils seront rendus responsables si le débat n’obtient pas le succès escompté !

Enfin, quelle tristesse de lire dans le Sud Ouest de vendredi (11/01), sous votre plume d’homme de Droite, ces propos désobligeants, parfaits reflets des déclarations de certains membres du gouvernement vis à vis des gilets jaunes ou, plus largement, du peuple français, que vous tenez vis à vis des petites communes qui « présentent une épargne nette ridicule » ; si toutes, petites et grandes, avaient le même ratio d’épargne nette par rapport à leur budget, sans doute se porteraient elles beaucoup mieux !
 
Mais finalement, tout ceci ne provient-il pas du fait que vous n’êtes pas de Droite ? 
Tout ceci ne provient-il pas de votre revirement au profit de Bayrou, dont vous vous étiez pourtant écarté il y a plusieurs années au profit de l’UDI ; cet homme de Gauche qui a essayé de « faire la peau » de Sarkozy en 2007, avec le coup qu’il a tenté auprès de S. Royal, qui, bien que déclaré dans la majorité, n’a pas voté une seule loi proposée par le gouvernement entre 2007 et 2012, qui en 2012 a fait voter pour Hollande et, pour couronner le tout, a fait voter Macron en 2017.
Avec aussi peu de constance politique, avec autant de revirements, au gré des intérêts personnels, ne vous étonnez pas de la déconsidération portée par tous les Français vis à vis de la classe politique.
 

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