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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Coup de froid sur les infrastructures Lot-et-Garonnaises

Publication : 26/02/2018  |  12:06  |  Auteur : Webmaster

A l’occasion d’une conférence de presse relativement banale sur ses 10 ans au pouvoir départemental, le Président du conseil départemental de Lot-et-Garonne, Pierre Camani, a tout simplement annoncé que la participation financière du Conseil général aux projets majeurs d’infrastructure du Lot-et-Garonne était tout simplement gelée « sine die »….

Le Président Camani a précisé que ce gel concernait notamment le pont de Camélat, la RN21 ou l’échangeur autoroutier, la rocade est de Marmande, le nouveau pont du Mas-d’Agenais, 3 projets de nouvelle gendarmerie dont  la nouvelle caserne de gendarmerie de Tonneins, etc… rien que ça…

Cette annonce, si elle est confirmée lors du vote du budget 2018, est inadmissible sur la forme et sur le fond.

Inadmissible sur la forme d’abord,

Faire à l’occasion d’une conférence de presse-anniversaire, une telle annonce quatre jours avant la séance du débat d’orientation budgétaire du Conseil départemental soulève de lourdes questions sur la qualité du débat démocratique de nos voisins de Saint-Jacques.

Je fais confiance au leader de l’opposition départementale, Guillaume Lepers, pour les poser demain Lundi en séance.

Car enfin, à quoi sert un débat d’orientation Budgétaire si ce n’est à débattre sur le fond de décisions de ce genre ?

Pourquoi geler toutes les dépenses d’infrastructures majeures alors que le Président Camani a annoncé, que malgré tout, les nouveaux investissements du CD 47 s’élèveraient à 45 millions d’euros pour le budget 2018 ? si effort budgétaire il y a à faire, ne doit-il pas être réparti sur l’ensemble de l’activité départementale, plutôt que de cibler les seules dépenses d’infrastructures ?

Mais, il y a plus grave. Sur certains de ces projets, le Conseil départemental est engagé contractuellement et financièrement avec des partenaires. C’est le cas de la RN21 où le Maître d'ouvrage est l’Etat avec l’Agglomération d’Agen comme partenaire financier. C’est encore le cas pour le 2ème échangeur autoroutier d’Agen où le Maître d‘ouvrage est Vinci Autoroutes  avec, toujours, l’Agglomération d’Agen comme partenaire financier. On ne se sort pas de ces conventions unilatéralement et impunément. Le Conseil général le sait, lui qui vient d’être condamné lourdement au Tribunal Administratif, pour avoir agi ainsi sur le dossier de la LGV.

En tant que Président de l’Agglomération d’Agen, je travaille régulièrement et correctement avec Pierre Camani. Là, pas un coup de fil, pas un courrier, rien… "C’est un attentat contre le Marmandais", a réagi mon collègue Daniel Benquet, Maire de Marmande et président de l’Agglomération Val de Garonne.  Pierre Camani, compte-tenu  de son absence absolue de concertation avec ses partenaires territoriaux, ne devra pas s’étonner de la vigueur de la réaction de ses partenaires méprisés.

Inadmissible, cette décision l’est surtout sur le fond.

Tous les projets gelés sont des projets à incidence directe sur l’économie et l’emploi en Lot-et-Garonne. Pour prendre un exemple que je connais bien, le développement de la Technopole Agen-Garonne - et les milliers d’emplois potentiels qu’elle va accueillir -  est directement conditionné par la mise en service du 2ème échangeur autoroutier. Je suis sûr que nos entrepreneurs – à commencer par ceux du BTP et des transports - vont le rappeler vertement dans les prochains jours au Président Camani.

L’effet d’une telle annonce, si elle n’est pas corrigée rapidement, sera ravageur sur nos projets et les chantiers qu’ils impliquent. Tous les maîtres d’ouvrage de ces infrastructures, apprenant la déstabilisation des plans de financement contractuels,  vont avoir la tentation de ralentir les chantiers Lot-et-Garonnais et de reporter les crédits réservés à court-terme pour ces chantiers… vers d’autres territoires où les partenaires institutionnels seront plus fiables.

Or chacun de ces projets est âpre, dur à faire avancer. Il faut une bonne dose de naïveté pour penser qu’une fois désamorcés par le gel départemental, nous pourrons les faire redémarrer « au sifflet »…..

Alors que faire ?

J’ai un premier petit conseil amical à donner à Pierre Camani. Oui, la situation des finances départementales est très dégradée. Oui, le flou entretenu par le gouvernement sur les modalités des futurs contrats que l’Etat veut passer avec les grandes collectivités territoriales est anxiogène. Mais, ce n’est pas une raison pour perdre les pédales et céder à la panique.  On se calme. La rigueur et la vigilance budgétaires : oui ! La peur panique : non.

Il faut ensuite revenir sur cette décision calamiteuse. Il faut se parler entre Lot-et-garonnais. Je réclame donc la convocation urgente de la Conférence des Présidents des exécutifs (conseil Départemental  et présidents des intercommunalités) de notre département  par le Président du Conseil départemental.

Ensemble, nous ferons émerger nos priorités territoriales consensuelles et sur cette base, le conseil général pourra construire son budget 2018 - fut-il d’austérité -.

Le Conseil Départemental joue gros dans cette affaire. Il a vocation à être le chef d’orchestre de notre territoire départemental. Encore faut-il qu’il ait une parole. Qu’il s’y tienne.

L’annonce de ce gel départemental a porté atteinte à la crédibilité et à la fiabilité de la parole départementale. Il appartient à Pierre Camani de les restaurer.

Il  y a urgence.

 

Crédit photo : La Dépêche

 

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