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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Catalogne : la montée des identités meurtrières

Publication : 09/10/2017  |  09:35  |  Auteur : Webmaster

Faut-il s’intéresser à la crise entre la Catalogne et l’Espagne ou bien considérer que nous avons le devoir de rester neutres dans cette querelle de famille ibérique ?

Nous sommes nombreux à avoir assisté avec une perplexité bien française à l’approfondissement de la crise surtout depuis le référendum du 1er octobre dernier. Surtout ne pas s’en mêler semble être à la fois le réflexe d’une majorité de français ainsi que de notre gouvernement…

Et pourtant, j’ai acquis la conviction qu’à notre corps défendant peut-être, mais nous allons devoir y jouer un rôle de médiateur crucial pour éviter que cette crise politique ne sombre dans la violence.

Mais me direz-vous, qui « nous » ?

Nous les français, seul pays européen frontalier de l’Espagne avec le Portugal, avec sur son territoire une « Catalogne Nord », l’ancienne province du Roussillon, l’actuel département des Pyrénées-Orientales, qui, bien évidemment, vibre de manière très forte en harmonie avec les Catalans du sud…

Quand viendra le temps souhaitable de la médiation internationale, la France aura toute légitimité à tenir ce rôle d’interface entre les antagonistes plutôt que de rester, comme actuellement, « aux abris » alignée derrière le gouvernement Espagnol de Mariano Rajoy.

Nous, les Européens. Car, ce n’est pas faire acte d’ingérence dans les affaires Espagnoles et Catalanes que d’être lucides sur le caractère fondateur de cette crise pour construire l’Europe de demain. En effet, si la Catalogne décidait de proclamer, lundi ou mardi prochain, son indépendance - ce serait la première fois qu’un pays issu d’un Etat membre de l’Union prendrait son indépendance - entrainerait de manière claire son exclusion de l’Union Européenne et l’obligation de reprendre au début toute la procédure d’adhésion ? Conséquence un peu vertigineuse…

Et comment ne pas voir le risque de propagation d’un tel précèdent, avec le référendum de Lombardie et de Vénétie le 22 octobre, celui organisée par les iles Feroé pour devenir indépendantes du Danemark, celui enfin demandé en 2018 par l’Ecosse pour sortir du Royaume-Uni….

Le risque d’un blocage des institutions européennes – voir de leur effondrement – à cause d’un émiettement régional des anciens Etats-nation est bien réel.

L’Union Européenne, bon gré, mal gré devra donc être partie prenante de la médiation qui se profile pour éviter l’affrontement violent et je rejoins Benoît Hamon lorsqu’il propose que ce soit le Parlement Européen, la plus démocratique des institutions européennes, qui représente l’union européenne à la table des négociations.

Médiation fort bien, mais autour de quelles lignes directrices ?

D’abord, renoncer clairement au projet d’indépendance… Le désir d’appartenance collective des Catalans, enraciné dans leur culture, leur langue est légitime et fort et disons-le, il force notre respect.

Mais pourquoi ce désir d’identité Catalane doit-il conduire à la négation d’une autre identité forte et belle, celle de l’Espagne. Amin Maalouf, de l’Académie française, a décrit avec une précision clinique ces « identités meurtrières » parce qu’exclusives ?

Cet émiettement de l’Europe en micro-nations condamne à l’échec la construction Européenne qui est notre projet politique commun et majeur. En tant que militant pro-européen, je ne peux pas l’accepter. Je suis donc opposé à tous ces projets régionaux qui dérivent en rêves indépendantistes parce qu’ils menacent le chantier prioritaire de la Construction européenne.

Faut-il pour cela ne pas entendre le cri de millions de Catalans pour des changements profonds dans les rapports entre Madrid et Barcelone ? Bien sûr que non, il faut au contraire donner plus de liberté à ces relations et à ce niveau bien sûr que cela redevient pour l’essentiel une affaire catalano-espagnole dont nous n’avons pas à nous mêler.

Et la France ? Elle aurait grand tort de ne pas se sentir concernée. Certes notre Histoire ne nous a pas légué de dossier aussi brûlant que celui de la Catalogne. Les troupes royales, puis après les hussards noirs de la république ont fait reculer chez nous (mais à quel prix ?) les cultures régionales. Mais les tensions entre élus locaux et l’Etat central sont aujourd'hui à vif et il y a un référentiel Européen à construire autour du concept au nom barbare, mais prometteur de subsidiarité et avec la volonté de donner une autonomie beaucoup plus forte à nos régions.

Sur ces bases, il y a la place pour un beau projet Catalan, Espagnol et Européen.

Vive les identités multiples !

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