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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Pour l’aéroport d’Agen

Publication : 30/10/2017  |  11:45  |  Auteur : Webmaster

La semaine dernière, il a beaucoup été question de l’aéroport d’Agen. La région Nouvelle-Aquitaine avait, en effet, inscrit à l’ordre du jour de sa séance plénière sa (nouvelle) politique aéroportuaire. Sa version initiale scellait la condamnation à mort de notre aéroport en l’enfermant dans une catégorie « d’aéroports locaux de proximité (sic) »  dans laquelle se trouvaient les aéroports déjà enterrés – Périgueux et Angoulême - pour trafic quasi-nul. Requiem in pace. Amen….

Cette version initiale nous a obligés à nous poser une question simple : « Agen, agglomération de 100 000 habitants, a-t-elle besoin d’un aéroport ? ».

« Ce n’est plus la peine de se fatiguer à monter dans l’avion », entonne le chœur des ravis de la SNCF – « maintenant qu’Agen bénéficie d’une desserte de Paris en 3h17 de trajet depuis le 1er juillet 2017, grâce au tronçon LGV Paris-Bordeaux qui se fait maintenant en 2 heures soit une heure de gain effectif par rapport à la desserte d’avant la LGV ». Ce qui est effectivement une grande et bonne nouvelle pour tout le Sud-Ouest.  

« C’est beaucoup d’argent public (2,8 millions d'euros/an) pour une poignée de patrons qui ont les moyens de se le payer » ! poursuivent les opposants à notre aéroport.

Bref, pour certains d’entre nous, l’aéroport est un luxe de la période ante-LGV.

Ont-ils raison, ces adversaires de notre aéroport ?

Et bien, non. Nous pensons qu’ils se trompent à court et moyen terme.

Ils se trompent à court-terme, d’abord. Ils se trompent aujourd’hui.

De quoi a vraiment besoin Agen pour être prospère en 2017 ? Agen a besoin que ses professionnels puissent faire dans de bonnes conditions une bonne journée de travail à Paris (9h30- 18h) tout en faisant l’aller-retour Agen-Paris dans la journée évitant ainsi de coûteux frais d’hôtel. Une fois exprimé clairement notre besoin territorial, remarquons que ce besoin est loin d’être un luxe capricieux d’une poignée de privilégiés. Il faut n’avoir jamais pris l’avion Agen-Paris pour dire des bêtises de ce genre. Cette nécessité est celle de centaines de professionnels (la très grande majorité des 40 000 passagers de la ligne Agen-Paris pour l'année 2016) : commerciaux, cadres, fonctionnaires, élus locaux, enseignants… dont le travail exigence leur présence régulière à Paris.

L’avion répond à ce cahier des charges, notamment avec son vol au  départ de 6h40 d’Agen, qui permet effectivement d’être au travail à Paris à 9h30 et son retour à Agen  à 21h30, qui permet de prolonger la journée de travail jusqu’à 18h.

Le train, non. Et là, il faut sortir des beaux slogans publicitaires : Paris en 3h17’ ?  Pas si simple et pas tout le temps…et si on regardait la réalité de la desserte de Paris ? et si on mettait les mains dans le cambouis des horaires ferroviaires?. La « meilleure» offre de la SNCF, subtil compromis entre les départs contraints de Toulouse et les correspondances à Bordeaux, nous fait partir d’Agen en 6h26, changer de train à Bordeaux et arriver à Paris Montparnasse à Montparnasse à 10h10 et commencer la journée de travail vers 10h45... trop tard !

Les opposants à notre aéroport se trompent à moyen–terme, aussi.

Qu’est ce que c’est que cette politique aveugle qui arrêterait la desserte aérienne d’une ville au moment précis où le train fait un progrès notable, que nous devons saluer mais qui n’est qu’une étape ponctuelle dans la concurrence que se livrent ces deux moyens de transports.

De 2007 à 2017, le trafic cumulé des 11 aéroports aquitains a doublé. Il doit y avoir quelques raisons de fond à cela.

Faut-il rappeler qu’aujourd’hui l’avion a une vitesse moyenne de 600 km/h sur la ligne Agen-Paris et que le train – même avec le tronçon LGV Bordeaux-Paris- fait du 230 km/h en moyenne.

L’avion aussi fera des progrès technologiques : décollages et atterrissages plus courts, consommation en fuel réduite, nuisances sonores diminuées, vitesse accrue. Un jour – au plus tard en 2024 pour nos JO ? – le scandale national qu’est l’absence de desserte directe de l’aéroport d’Orly à partir du centre de Paris par le réseau RER devra trouver une réponse et ce jour-là, l’avion retrouvera une compétitivité décisive par rapport au train, même LGV.

A moyen–terme, nos professionnels auront à se projeter régulièrement dans d’autres métropoles nationales et européennes. Essayez d’aller à Nantes, à Lyon, à Madrid en train et nous en reparlerons. Faut-il n’avoir comme seul avenir d’aller engorger les aéroports de Blagnac et de Mérignac... rien n’est moins sûr.

Enfin, ils se trompent pour des raisons industrielles majeures. Agen est au centre géographique de l’Aerospace Valley de la Garonne, première région Aérospatiale au monde qui réunit sur 250 km les pôles de Toulouse et Bordeaux et leurs sous-traitants présents tout au long de Garonne. Les activités de maintenance, de tests et de formation nécessitent toutes un aéroport en état de marche. Ces activités sont déjà présentes et dynamiques à Agen avec les sociétés AMA et Airways… et il faudrait y renoncer alors que Blagnac et Mérignac sont saturés ? Pas sérieux.

*********

Lundi dernier, j’ai défendu, avec vigueur, la cause de l’aéroport d’Agen lors de la séance du Conseil Régional en partie consacrée à la stratégie aéroportuaire de la Nouvelle-Aquitaine.

Alain Rousset, notre Président, et les élus en charge du dossier, Renaud Lagrave et Mathieu Bergé ont fait un pas vers nous en acceptant de classer Agen comme « aéroport de désenclavement économique sous analyse des effets de la LGV » et en acceptant le principe d’une période d’observation et d’adaptation de 18 mois suivant les changements de comportement des clients du train et de l’avion au départ d’Agen. Je les en remercie.

Première (petite) victoire. Notre aéroport était condamné à mort. Il bénéficie d’un sursis jusqu’au 1er janvier 2019.

Et après ? L’avenir n’est écrit nulle part.

A nous, Agenais, d’inventer un chemin d’avenir pour notre aéroport. Ce combat a commencé lundi dernier. 

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