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Voyage à DJEBONOUA

Publication : 02/10/2018  |  15:05  |  Auteur : Jean Dionis

Monsieur le Maire, cher Monsieur Koffi Edmond TAIGUAIN

Sa Majesté Nanan KOUADIO KONAN II,

Mesdames, Messieurs les chefs de village,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Chers amis de Djebonoua,

Au nom de la délégation Agenaise que je conduis, je tiens d’abord à vous remercier du fond du cœur pour vos paroles de bienvenue et, au-delà de celles-ci, pour la gentillesse de votre accueil.

Laissez-moi d’abord vous présenter les membres de la délégation de la ville d’Agen.

D’abord, les dames.

Madame Patricia LAUER, Directrice générale  adjointe des services, et Madame Sylvia BIENTENDIEBEL, Attachée principale qui a été la cheville ouvrière de notre mission.

Ensuite, mes collègues hommes.

Monsieur Bernard LUSSET notre Adjoint aux finances, et quand notre ministre des finances se déplace, c’est que nous avons la volonté  d’être efficaces et sérieux.

Monsieur Jean-Marie NKOLLO, Conseiller  municipal d’Agen, en charge des jumelages et partenariats de notre ville.

Enfin, Jean-Max LLORCA, Conseiller municipal d’Agen en charge du handicap.

Avant de parler du futur, nous devons vous expliquer comment nous sommes arrivés à Djebonoua devant vous aujourd’hui.

Nous devons partager cette histoire parce qu’elle est fondatrice de notre partenariat.

Le département de Lot et Garonne dont Agen est la Préfecture et le département de Bouaké ont plus de 60 ans d’histoire commune.

A l’origine de cette histoire, un homme: Jacques Raphaël LEYGUES qui fut à la fois Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire de 1963 à 1979 et en même temps Maire de Villeneuve-sur-Lot de 1965 à 1974.

Le 18 mars 1958 commence vraiment notre histoire commune lorsque Jacques Raphaël LEYGUES signe un accord de jumelage entre les villes de Bouaké et Villeneuve-sur-Lot.

Ce jumelage dure toujours et a porté ses fruits puisque en 2013, un partenariat est signé entre les diocèses de Bouaké et d’Agen.

Grâce à ce partenariat qui est vivant, le diocèse d’Agen a bénéficié de l’aide de jeunes prêtres venant de votre département de Bouaké.

Parmi ceux-ci, nous avons eu la chance d’accueillir le prêtre Constant BROU, ici présent.

Pendant trois ans, les Agenais et Agenaises l’ont connu et apprécié comme jeune prêtre mais aussi comme un homme passionné par sa petite patrie de Djebonoua connaissant bien ses forces et ses faiblesses et cherchant par tous les moyens à aider à son développement.

C’est lui qui, lors de longues discussions amicales, a le premier osé émettre l’idée d’un partenariat direct entre la ville d’Agen, sa ville adoptive en France, et la ville de Djebonoua, sa petite patrie.

Il a su nous convaincre, nous la municipalité d’Agen, et plus spécialement moi-même qui en suis le Maire.

Je dois vous dire que la Côte d’Ivoire, en effet, n’est pas pour moi une terre inconnue.

J’y ai été jeune coopérant dans les années 80 et, à l’occasion de ce séjour, j’ai appris à aimer votre pays.

Merci Père BROU d’avoir été l’inspirateur de cette rencontre. 

Est-elle le fruit du hasard ?

Je ne le crois pas, je crois que notre rencontre d’aujourd’hui est le fruit d’une histoire que j’ai tenu à vous raconter ainsi que celle d’un désir et d’une volonté.

Désir et volonté du père BROU de voir sa commune natale grandir, désir et volonté de la municipalité d’Agen de faire sa part, fut-elle modeste, dans le grand chantier des relations Nord/Sud plus équitables auquel nous devons participer.

Désir et volonté de Mr TAIGUAIN, votre Maire, et de votre municipalité de répondre positivement à cette main tendue même si elle exigera des deux côtés, travail et énergie.

Alors qu’allons- nous faire  ensemble?

Le 2 juillet 2018, le conseil municipal d’Agen a autorisé le principe d’une coopération  directe entre la commune d’Agen et la commune de Djebonoua.

Et il a décidé de l’existence de notre mission d’aujourd’hui car nous avons une conviction partagée très forte pour que notre partenariat soit un succès.

Il faut que ses actions répondent à l’expression de besoins qu’auront exprimé directement et fortement les habitants de Djebonoua .

Nous avons donc fait 5 000 km pour venir vous écouter, Monsieur le Maire, pour venir vous écouter, Mesdames et Messieurs les Chefs de villages, pour venir vous écouter, Mesdames et Messieurs les Responsables économiques de Djebonoua.

A l’issue de cette semaine, nous prendrons nos responsabilités.

Monsieur TAIGUAIN et moi-même, à partir de vos propositions, élaborerons un projet de partenariat pour le soumettre à la fois au Conseil municipal de Djebonoua et au Conseil municipal d’Agen ainsi qu’aux différents partenaires financiers potentiels.

Est-ce qu’il y aura un programme concret de la desserte en eau potable de certains de vos villages? 

Y aura-t-il un programme d’amélioration de l’équipement de vos écoles?

Partagerons-nous des objectifs en matière de cultures, notamment de la tomate, puisqu’Agen et Djebonoua sont des terres d’excellence pour ce légume?

Nous en déciderons ensemble.

Mais je tiens à vous présenter 2 ou 3 caractéristiques de l’aide que vous apportera la ville d’Agen.

Cette aide sera sérieuse efficace et durable.

Quand nous aurons décidé d’une action, nous la mettrons en œuvre.

Et nous veillerons particulièrement à rassembler les financements nécessaires.

Ces financements viendront du budget  de la Ville d’Agen mais aussi de la Région Nouvelle Aquitaine comme de chaque consommateur d’eau potable de l’Agglomération d’Agen.

Dans le cadre de loi française, enfin et surtout nous l’espérons aussi de l’Agence Française de Développement, bras armé de la coopération nationale d’État.

Enfin, pour être séreux, nous nous obligerons à ne financer que des projets dans lesquels la municipalité de Djebonoua se sera engagée à participer avec ses fonds propres.

Enfin, l’honnêteté m’oblige à vous dire que, par rapport à l’immensité de vos besoins socio-économiques, notre aide sera forcément limitée et modeste.

A quoi bon objecteront alors les cyniques?

A ce moment de mon discours, je veux vous raconter une petite histoire : celle du petit colibri.

Colibri tire son nom d’une légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi, son fondateur :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! "

Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part."

Et bien, avec Djebonoua, Agen veut faire sa part, sa petite part du travail, du chemin, vers un monde plus juste.

Mais cette  affaire de partenariat n’est pas qu’une affaire de projets, d’euros, de francs CFA, ce sera avant tout une affaire de femmes et d’hommes de Djebonoua et d’Agen.

Nous allons apprendre à mieux nous connaître, nous allons nous enrichir de nos points  forts respectifs : la gaieté africaine, la force des liens familiaux africains nous feront du bien. 

Monsieur le Maire, au nom du Conseil Municipal d’Agen, j’ai l’honneur de vous inviter officiellement, vous-même et la délégation que vous désignerez, à venir signer dans la salle des Illustres de notre Ville, et dès que possible, la convention de mise en œuvre de notre projet et de ses actions.

Par la fécondité de notre histoire commune, par nos désirs et la volonté de participer à la construction d’un monde meilleur, nous voilà, Monsieur le Maire, embarqués, la main dans la main, dans une belle aventure humaine dont je sais que nous ressortirons grandis.

Vive Djebonoua, vive Agen.

Je vous remercie.

 

 

 

 

 

 

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