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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Carnet de voyage : Venise, l'exception

Publication : 02/11/2016  |  09:22  |  Auteur : Webmaster

Je suis retourné à Venise avec femme et enfants. Pour fêter nos 30 ans de mariage et mes 60 ans. Parce que lors de notre première rencontre avec Venise, il y a plus de 15 ans, Venise nous avait intrigués et charmés.

Ma femme et moi sommes - il est vrai - amoureux de l'Italie et de sa culture nationale : ses musiciens, ses peintres, ses paysages, sa gastronomie. Nous nous y sommes donc rendus, avec bonheur, de très nombreuses fois. Au sein de l'Europe, il me semble que ce sont nos vrais cousins germains. Mais au sein de cette toute jeune nation italienne (unifiée depuis à peine plus de 150 ans... rien à voir avec les millénaires Royaume et République de France), Venise est à part.

À part, elle l'est par son site. Ville-île parmi une centaine d'îles semées dans sa lagune, elle est, pour reprendre la magnifique expression de Le Corbusier, " Venise est le plus prodigieux évènement urbanistique existant sur cette terre". Incroyable destin, que celui de cette île choisie comme refuge par des habitants de la Vénétie au moment où s'effondre l'empire Romaine, qui va abriter une véritable métropole Européenne à son apogée au XV ième siècle. La lagune pour rempart et pour tremplin, elle va se développer à fleur d'eau, omniprésente. L'eau menaçante par ses marées hautes qui menacent de l'inonder, l'eau qui avec ses canaux, lui tient lieu de rue, l'eau qui la rend bellissime.

Imaginez un peu une ville qui interdise l'usage de la voiture, des vélos et des scooters. Il reste aux 58 000 vénitiens qui habitent le centre-ville à choisir entre leurs pieds ou le vaporetto. Venise n'a jamais sa confrontation avec l'objet culte de notre 20ème siècle : la voiture. Elle ne l'a jamais tenté. Ici, pas de percée Haussmannienne, pas de rocade et parkings, les voitures restent strictement cantonnées aux abords de la gare ferroviaire. Soyons honnêtes : cela pose des tas de problèmes.
Pour en prendre un seul qui m'a passionné - car je n'ai pas arrêté pendant les cinq jours de notre séjour de voir Venise avec des yeux de Maire - : les ordures ménagères....cela marche, Venise est propre ou presque. Mais c'est au prix d'une armée d'agents de collecte à pied poussant des carioles à ordure appelées à être vidées dans des bateaux bennes à ordure. Reste que cela marche, que la ville fonctionne plutôt bien vu les défis qu'elle doit relever : inondations, millions de touristes, etc....

À part, Venise l'est encore par son exceptionnelle histoire. Venise n'a pas de passé romain. Elle est d'abord ville défensive, puis ville commerçante et militaire. Son âge d'or correspond à la période de l'histoire mondiale où la Méditerranée est le centre de gravité  absolu entre Occident Chrétien et Orient de plus en plus islamique. Venise commerce, administre et guerroie au point de concentrer, chez elle, une prospérité exceptionnelle rendue possible par des institutions originales, d'une longévité incroyable : plus de 500 ans de "République" vénitienne, véritable démocratie élective au sein des quelques 2 500 patriciens que comptait cette ville de plus de 170 000 habitants. Venise va ensuite décliner, s'endormir et s'enfoncer lorsque les enjeux mondiaux dominants vont successivement s'appeler: Atlantique, Amériques, Pacifique, Asie,......Venise est aujourd'hui à la croisée des chemins de son fabuleux destin: Ville-musée ou ville-laboratoire ?

À part, Venise l'est enfin par son rayonnement culturel. Véronèse, Tintoret, Vivaldi et tant d'autres habitent littéralement cette ville. Pour les rencontrer, nul besoin de vous précipiter dans les musées vénitiens, par ailleurs fort beaux. Non, Venise est une des seules villes du monde à avoir laissé ses chefs d'œuvre accessibles à tous notamment dans ses églises.

Nous sommes des millions chaque année à nous rendre sur place voir Venise, se laisser émouvoir par sa beauté palpablement fragile. Cette exception vénitienne nous bouscule dans nos habitudes urbanistiques, politiques et culturelles.

Une ville sans voiture, une République dont la constitution dure 500 ans, la culture reine dans la Ville ? Utopies et balivernes , voire "et pourquoi pas?"  Nous murmure doucement La Sérénissime, "Venise l'a fait pour vous, pour que vous y croyez"

Magique......

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