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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

4ème vague : Quelle est la bonne réponse nationale ?

Publication : 09/08/2021  |  12:02  |  Auteur : Webmaster

Notre pays subit de manière violente sa quatrième vague épidémique de COVID 19. Les chiffres sont incontestables. En France, le nombre de nouveaux cas a atteint, le 5 août, 24 654, soit des niveaux se rapprochant des sommets des 1ères et 2èmes vagues de cette pandémie.

Les causes de cette 4ème vague sont maintenant identifiées :

  • La présence d’un virus Delta, beaucoup plus contagieux que les virus que nous avions dû affronter pendant les trois premières vagues.
  • La fin de toutes les mesures de confinement,
  • Un certain relâchement dans le respect des gestes barrière en sortie de confinement, à l’entrée de l’été et des vacances.

 

Devant cet état de fait, le Président de la République a fait le choix de la stratégie du Passe Sanitaire et l’a présenté à la nation dans une allocation télévisée le 12 juillet dernier.

Cette stratégie rend la vaccination obligatoire pour un certain nombre de professionnels en contact avec des personnes malades ou vulnérables et exige la présentation d’un Passe Sanitaire établissant la preuve d’une vaccination complète ou bien d’un teste négatif au Covid datant de moins de 72 heures.

Cette annonce stratégique du Président de la République a eu 2 effets majeurs immédiats :

  • Elle a augmenté considérablement le nombre de personnes se faisant vacciner dans les trois semaines suivantes.
  • Elle a déclenché une série de manifestations hebdomadaires sur l’ensemble du territoire national ayant cumulé samedi dernier à une participation se situant autour de 237 000, ce qui est une participation inédite au cœur du mois d’août.

 

Pour résumer ma position, je soutiens le choix stratégique fait par le Président de la République.

Je le fais calmement, rationnellement autour de convictions fortes et simples:

Je crois à l’efficacité des vaccins autorisés par les autorités sanitaires pour la très grande majorité des personnes vaccinées. 

Je crois effectivement que le Pass Sanitaire est le meilleur compromis possible entre le respect de nos libertés individuelles et les exigences de notre sécurité sanitaire.

Je constate que, pour la mise au point de ce Pass sanitaire nos institutions démocratiques - L’Assemblée nationale, le Sénat - et notre État de droit français (Conseil d’État, Conseil Constitutionnel) ont bien fonctionné. 

En effet, après que le Président de la République ait présenté son initiative stratégique pour cette proposition, le Parlement - l’Assemblée Nationale et le Sénat - ont aussi modifié et validé le texte proposé et enfin, le Conseil Constitutionnel saisi directement par le gouvernement a lui aussi fait son travail en profondeur en rejetant un certain nombre de dispositions partielles mais en validant l’essentiel de ce texte.

 

Je ne peux malgré tout que constater la permanence d’une fraction significative de l’opinion publique française dans l’opposition à cette stratégie. Or je crois fondamentalement à l’ouverture du débat contradictoire dans le fonctionnement d’une démocratie et je crois donc utile de faire fonctionner ce débat avec les opposants au Pass Sanitaire, au moins avec la partie d’entre eux qui se situe à la fois à l’intérieur d’une démarche démocratique et rationnelle.

Je propose donc qu’ensemble nous réfléchissions autour d’une question simple :  face à la quatrième vague avérée du COVID-19, quelle est la bonne stratégie sanitaire nationale ? 

Si on exclut toutes les stratégies de laisser faire, dont on sait maintenant très bien depuis 18 mois, qu’elles sont des stratégies d’échec aboutissant très rapidement à des situations inextricables d’engorgement de nos hôpitaux, alors il ne reste finalement que 3 options de Politique Sanitaires fondamentales :

 

Premièrement, une stratégie de confinement. Elle est obligatoire en situation de vague épidémique violente - ce qui est le cas actuellement - et de faible taux de vaccination, exposant notamment aux formes les plus graves de la maladie et à la mort, les personnes les plus vulnérables. Nos départements d’Outre-Mer, la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion sont exactement dans une situation où le confinement devient inévitable. En effet, avec un taux de vaccination d’à peine 20% et le taux d’incidence qui flambe, le gouvernement a été contraint de prendre à la seule option adaptée à ces territoires-là : le confinement.

Nous connaissons le prix de cette option, socialement, économiquement, et financièrement.

Cette fonction est clairement la pire des 3 options ouvertes pour la gestion de la 4ème vague.

 

La deuxième option de politique de santé publique est clairement une politique de vaccination obligatoire. Nous en avons maintenant les moyens au niveau des doses de vaccin disponibles, et de l’organisation logistique des campagnes de vaccination.

Je note d’ailleurs que de plus en plus d’autorités sanitaires importantes de notre pays promeuvent cette option politique (ex : la fédération hospitalière française et l’Académie de médecine ont pris position pour cette option). Elles la justifient à la fois par l’urgence créée par cette 4ème vague et par le fait que la vaccination obligatoire ne saurait avoir l’effet d’accélération nécessaire de notre campagne de vaccination nationale. Il y a clairement une cohérence sanitaire forte dans cette prise de position, notamment dans un pays où déjà plus d’une dizaine de vaccins sont obligatoires.

Mais, cette proposition heurte brutalement la partie, certes minoritaire mais importante de notre opinion publique qui est aujourd’hui encore réservée par rapport à la vaccination anti-COVID. Son adoption nécessiterait la mise en place de moyens de contrôle et de sanction brutaux qui ne manqueraient pas d’engendrer des déchirures graves et des passages à l’acte violent dans notre pays. C’est donc avec raison que le gouvernement n’ira vers cette solution qu’en dernier ressort.

 

Reste le Pass Sanitaire, solution de compromis entre nos libertés individuelles, et notamment celle d’aller venir librement et nos devoirs de citoyen, notamment en ce qui concerne la contamination de nos proches par nous-mêmes. La solution du Pass Sanitaire est solide sur ses principes comme vient de le rappeler la décision et ses commentaires de notre Conseil Constitutionnel.

Oui, la liberté ne se décline pas au singulier, comme le rappelait le Président de la République.

Oui, notre déclaration des Droits de L'homme et du Citoyen est on peut plus claire sur ce point en proclamant : « la liberté individuelle s’arrête où commence la liberté des autres citoyens »

Après, bien sûr, notre vie sociale est d’une telle complexité qu’il est bien compliqué de définir les situations où ce Pass Sanitaire est exigible et où nous sommes susceptibles d’être contrôlés sans créer de tensions. En tant que maire, je prends ma part dans ce travail de discernement.

 

 Reste l’essentiel 

L’essentiel, c’est de poursuivre le plus énergiquement possible la campagne de vaccination nationale, en essayant sans relâche de convaincre nos citoyens hésitants ou craintifs.

L’essentiel, c’est maintenant de reprendre vie dans toutes les dimensions de la Vie, sociales, économiques, culturelles, y compris en situation de vague épidémique. Et aujourd’hui le meilleur compromis possible pour cela, c’est, à mon humble avis, le Pass Sanitaire.

 

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