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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

Carnets de voyages - Californie 2 : Grand Canyon !

Publication : 18/08/2009  |  19:31  |  Auteur : Jean Dionis

Nous voici quittant le monde doré et relativement encombré de Malibu pour le Grand Canyon , Arizona , 570 miles (environ 900 km) au Nord-Est ! …….et très vite nous comprenons ce que nous avait annoncé notre fils Paul « Vous allez faire l’expérience du vide américain ! »…..Dès la sortie de l’agglomération de Los Angelès, nous plongeons de fait dans le désert et dans le vide…….et moi qui pensais que certains de nos cantons ruraux étaient « vides », je comprends vite à quel point l’expression était exagérée par rapport à la réalité Américaine.

Désert du Morajve, Contreforts de la Sierra Nevada, Plateau du Colorado, c’est la même impression d’immensité vide, de chaleur sèche, de beauté brute de la nature, d’intensité lumineuse …….et d’angoissante absence de vie qui prédomine. Pas de vie…..parce que pas d’eau ou si peu pendant des centaines de kilomètre……L’eau ! Je me pensais pourtant averti, vacciné pour avoir lu de si nombreux articles annonçant que les prochaines guerres seraient d’abord des guerres de l’eau (voir l’excellent livre d’Eric Orsenna à ce sujet ……), mais pour moi, il s’agissait d’abord de problèmes africains ou moyen-orientaux et il a fallu ce voyage, ce choc que fut pour moi celui de la sécheresse de la Californie intérieure pour comprendre que tous les pays seraient concernés. Plus tard, en remontant la Central Valley californienne (coincée entre la Coastal Range et la Sierra Nevada), nous avons vu les cris de colère paysans dans ces premiers soubresauts : « No water, no food ! », « No water, no jobs ! », « Start the pumps now ! » « Congress created the dust bowl here ! » (« Pas d’eau, pas de nourriture ! », “pas d’eau, pas de travail!”, « ouvrez les pompes maintenant ! », « les députés ont créé un désert de poussière ici ! » Les pancartes 4X3 m’ont rappelé celles de nos paysans avec plus d’urgence et d’agressivité……….
Reste que cette route n’est pas n’importe laquelle pour la plus grande partie du trajet, il s’agit de « l’historic road 66 th », celle qui relie Chicago à Los Angeles, celle qu’a immortalisée Jack Kerouac dans son roman « On the road », point de départ de la Beat Génération, des beatniks et des hippies…. Successions de Stations-service mi-bar, mi-épicerie, mi fast- food, quelques villes improbables, la radio du coin mi-rock, mi-évangéliste, des compagnons de route allant du chauffeur de poids lourds aux touristes français, en passant par des vétérans du Vietnam qui font la 66 en moto, ……….Tout ce petit monde se croisant à peine……jusqu’à l’événement qui vous oblige à rentrer en contact avec l’autre. Pour nous, ce fut…..un accident de deux poids lourds, barrant complètement la route et occasionnant un bouchon surréaliste de plusieurs kilomètres en plein désert. Celui-ci nous fit sortir de nos voitures et discuter avec nos voisins d’infortune pendant 1 h 30 !.....C’est cela aussi la 66 !
Bref vers minuit nous étions arrivés ! ……..Une courte nuit d’hôtel et nous voilà partis à la découverte du Grand Canyon : Nouveau passage devant les impeccables rangers du Parc National, nouveaux 15 $ pour entrer……curieuse inversion avec la France : autoroutes gratuites aux USA (freeways ! sic ), payantes en France, parcs nationaux gratuits en France, payants aux USA…….
Et puis…….Le Grand Canyon. Je l avais déjà vu en 1974, revu encore et encore sur la documentation et sur internet et pourtant l’émotion est intacte ….pourquoi ? D’abord, parce que le site est gigantesque : 440 km de long, 25 km de large, …et 1500 m de dénivelé. Ensuite, parce qu’il est d’une beauté minérale, rouge (pas assez pour ma femme……), où la végétation et l’eau – le Colorado – sont présents, mais marginalisés. Enfin, parce que c’est une leçon de géologie qui dure deux milliards d’années et où les événements planétaires prennent l’évidence du dessin de couches de terrain parfaitement lisibles. Nous rentrons dans ce formidable amphithéâtre d’abord à pied où nous faisons la moitié du dénivelé jusqu’à Cedar ridge……sans doute à la plus mauvaise heure - 1 h de l’après-midi - ……et faisons un peu douloureusement l’expérience de la marche dans le désert, sans pour cela avoir le courage de descendre jusqu’au fond – et c’est vrai que je garde la nostalgie de cette nuit unique passée lors de mon premier voyage sur les berges du Colorado après m’être baigné dans ses eaux vertes.
Après avoir repris nos esprits, nous nous offrons quelque chose que nos budgets d’étudiant nous interdisaient : une ballade en hélicoptère au cœur du Canyon. Survoler le plateau du Colarado, immense table plane sorte de taïga sèche, et puis tout d’un coup plonger au cœur du canyon…..c’est vraiment quelque chose de fort, même si on n’est pas spécialement enclin aux états d’âme poétiques.
16 h de l’après-midi, nous nous remettons de ces émotions dans un des innombrables restaurants mexicains qui quadrillent la Californie……et nous mettons le cap 500 km (une broutille aux USA ….) vers Sin City (la cité du Vice), Las Vegas !!!!Nous longeons le soir les contreforts de la Sierra Nevada et pouvons admirer ainsi le Hoover Dam (barrage d’Hoover), un des grands travaux du New Deal américain …..qui permit justement à l’oasis de la Death Valley qu’était Las Vegas d’amorcer son envol…Arrivée à 21 h 30 à Las Vegas : une mer de lumière ……et nous nous sentons subitement bien loin d’Agen. Pas de Gps, une vague feuille « google maps »…..bref quelques erreurs après, quelques « enguelades », nous voilà chambre 1626 dans un hôtel le New York, New York, qui en compte plus de 2000 !
Las Vegas, ville éminemment improbable, comment es-tu devenue le 7ième aéroport mondial , la ville aux 124 000 chambres d’hôtel (sic, avec un taux de remplissage annuel avoisinant les 74 %).........
A suivre dans California 3 !
@ +
Jean Dionis

Les réactions

Le creusement, source de sagesse et d'universalité.

Le Grand Canyon un paysage de montagne dans un souterrain, fruit du travail d'un seul fleuve paisible. C'est ce qui frappe le plus ici, quelque chose d'énorme fabriqué sans moyens extraordinaires : un simple fleuve et du temps à l'infini soit un paysage qui n'est pas le fruit d'une catastrophe géologique. Simplicité, méthode et esprit de suite : pour un Platonicien, l'idée hydraulique s'incarne parfaitement et toute échelle gardée, les visiteurs du Pech de Ber dans la commune de Nicole pourront aussi percevoir un phénomène procédant de la même logique à la confluence du Lot et Garonne.
Les paysages ne sont-ils pas en eux-mêmes porteurs d'idées universelles pour les hommes? Par suite tout éloignement géographique est parfois bien relatif : il suffit de creuser un peu pour s'en apercevoir.

réaction au voyage de Mr DIONIS.

Merci, Mr DIONIS, vous nous faites rêver et je m'imagine dans
ce grand Canyon. Profitez de vos vacances pleinement.
Amitiés.
A bientôt, le plaisir de se voir.

De belles photos du Grand Canyon

Nous sommes dans le thème avec une sélection d'images tout à fait merveilleuse : régalez-vous!
http://ondine.zenfolio.com/p850182424

Il me semble que ce n'est pas Désert du Morajve, mais desert du Mojave

Il me semble que ce n'est pas Désert du Morajve, mais desert du Mojave (entre Los Angeles et Las Vegas) où il y a le cimetierre des avions de ligne et où le vent prends la chaleur du sol pour créer une inversion thermique à los Angeles.

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