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Les réflexions d'un élu engagé au service de sa ville et de son territoire

«Macron An II: Second souffle »

Publication : 17/09/2018  |  12:32  |  Auteur : Jean Dionis

J’ai dit, avec un soupçon d’autodérision, que j’étais un ouvrier de la 11ème heure de la Macronie.

C’est vrai. Je n’ai pas vu arriver la vague Macron. Je l’ai payé d’une défaite aux élections législatives.

Mais, au bout d’un an de Présidence Macron, j’ai fait, en conscience, le constat qu’Emmanuel Macron avait fait la politique de mes convictions (et, selon mon modeste avis, celle de l’intérêt général des Français) : libérale, pro-européenne et réformatrice.

Connaissant (un peu) la difficulté de l’exercice du pouvoir présidentiel, je lui suis particulièrement reconnaissant d’avoir porté, à bon port, des réformes majeures difficiles comme celle du code du travail et de la SNCF.

J’en ai tiré les conséquences : soutien au Président et adhésion au MODEM, famille naturelle de tous les centristes voulant clairement afficher leur soutien au Président de la République.

En cette rentrée 2018, j’assume, donc, pleinement mon cheminement politique personnel. Celui-ci a un avantage inestimable : la liberté, liberté chérie d’expression. Je ne dois rien au Président. Je le soutiens modestement, gratuitement.

Et si le bilan de l’an I du Président me semble tout à fait honorable, il faut être, soit de mauvaise foi, soit d’un optimisme un peu béat pour ne pas voir les signaux d’alerte en ce qui concerne le soutien de l’opinion publique à l’action du Président de la République.

Permettez-moi de citer deux signaux faibles :

 - D’abord, le recul de la popularité du Président : le reflux estival est donc cette année prononcé. Pour Frédéric DABI, Directeur général adjoint de l'Ifop: 34% des français se disent satisfaits du Président de la République, contre 39% en juillet. Les Présidents Sarkozy (40%), Chirac (38%) et Mitterrand (42%) avaient fait mieux à la même date.

- Ensuite, le dernier sondage ODOXA, pour les Européennes où le parti Présidentiel – la LREM -  se voit crédité d’un score de 21,5% ……à un cheveu de la prévision faite pour le Rassemblement National de Marine le Pen (21%).

Bien sûr, le pouvoir use……Il y a quelque chose de normal dans ce recul. Mais le fait qu’au même moment du quinquennat, seul François Hollande avait une popularité plus basse…., ce fait brut doit nous mettre en situation de vigilance……et de recherche urgente de second souffle.

Second souffle ? Me direz –vous…..Fort bien, mais dans quelle direction ? Et pour faire quoi ?

François Bayrou parle de l’absence de cohérence lisible pour toutes les réformes. Il a raison.

Mais je partirai, quant à moi, d’un autre point de vue : le mien. Celui de Maire d’Agen, ville moyenne du Sud-ouest de la France, de ce que je vis et de ce que j’entends…..

Ce que je vis, c’est d’abord mon quotidien de Maire et de Président de l’Agglomération d’Agen. Les Maires ne supportent plus la tutelle permanente et épuisante de l’Etat en matière de gestion des risques naturels (inondations, glissement de terrains, risques sismiques, sites Seveso). En confiant cette gestion à l’Etat, le législateur (dont j’étais au moment des lois Grenelle) a largement vidé de sa substance la compétence clé des élus locaux : l’Urbanisme …..Bref les fameuses DREAL – Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement ont trop de pouvoir. Elles appliquent largement – en lieu et place du principe de précaution – la politique du «  parapluie ouvert » en faisant remonter beaucoup trop de problèmes locaux à Paris.

Ce que je vis, c’est aussi mon quotidien de Conseiller Régional où je vois, malgré la création des grandes régions, l’Etat et les régions se marcher quotidiennement sur les pieds en matière de culture, sports, tourisme, etc.….

Il est temps que le Président, qui a su restaurer l’autorité de la fonction présidentielle, ose faire confiance aux élus des territoires. Il faut confier la gestion des risques naturels aux élus locaux, quitte à augmenter leur responsabilité dans ce domaine. Il faut décentraliser sans ambiguïté l’essentiel des activités exercées par l’Etat en matière culturelle, sportive, touristique aux régions……

La cocotte bout dans les territoires. Vieille histoire française que celle de l’opposition entre Paris et les territoires….L’exaspération des territoires est à prendre au sérieux. Le second souffle de l’an II de Macron doit être celui de l’autonomie des territoires.

Et enfin, il y a ce que j’entends. Macron serait – selon ses opposants - le Président des riches, voir des « très riches », selon le SCUD d’Hollande. Pour celles et ceux qui soutiennent le Président, il faut répondre sans relâche à cette critique, politiquement mortelle dans un pays qui a écrit le beau mot « d’Egalité » dans sa devise républicaine. C’est la question sociale qui est ici posée.

Le Monde vit un mouvement historique d’accentuation des inégalités et de captation de la richesse globale par une fraction très faible de la population (les fameux 1 % les plus riches). Que peut faire la France pour freiner ce mouvement ? Il est temps de revisiter, et nos dépenses publiques, et notre fiscalité. Nous n’éviterons pas de nous poser un certain nombre de questions difficiles, y compris par rapport à l’an I de la Présidence Macron, voire même par rapport à son programme présidentiel.

La transformation de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) en IFI (impôt sur la fortune immobilière) a-t-elle atteint ses objectifs et au final quelle fiscalité sur le patrimoine ?

Idem pour la hausse de la CSG non compensée des retraités ? Faut-il continuer dans ce chemin ou faire l’effort équivalent, mais réparti sur tous, par exemple par une hausse modique de la TVA ?

Supprimer les contrats aidés pour les jeunes et « mettre le paquet » sur l’apprentissage, oui, mais pour nos concitoyens proches de la retraite et en difficulté d’insertion ?

Emmanuel Macron a des convictions sociales fortes. Le plan pauvreté annoncé la semaine dernière le prouve. Il doit continuer dans cette direction solidaire et fraternelle.

Liberté pour le territoire, solidarité avec nos concitoyens les plus exposés.

Voilà mes propositions pour l’an II. Il faut qu’un bon vent se lève dans ces deux directions.

Ce ne sont que les propositions d’un ouvrier de la 11ème heure. Je note que, dans un livre à succès, ils sont aussi «écoutés » que ceux de la 1ère heure.

Tous les espoirs me sont donc permis !

 

 

 

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